Au cœur d'une base de l'OTAN, la Belgique est en train de conduire un vaste chantier immobilier à 145 millions d'euros
Sur le site du Shape (Mons), quartier général des puissances alliées eu Europe de l'OTAN, l'Etat belge est en pleine cœur d'un impressionnant chantier immobilier. La mission ? Abattre 600 logements... et en reconstruire 600 nouveaux au même endroit d'ici 2026.
- Publié le 03-03-2022 à 11h07
- Mis à jour le 05-04-2022 à 13h20

Contrôle de sécurité, contrôle d'identité, autorisation temporaire d'entrée, escorte jusqu'à l'intérieur du domaine,... Pour avoir un aperçu du chantier pharaonique lancé par la Belgique à Casteau (Mons), il faut d'abord montrer patte blanche. Et pour cause : le projet immobilier en question se situe à l'intérieur des murs du Shape (Supreme Headquarters Allied Powers Europe, ou Grand quartier général des puissances alliées en Europe, en français), une base militaire de l'OTAN.
L'Etat belge y est en plein cœur d'une entreprise de taille : détruire 600 logements et en rebâtir 600 autres au même endroit.
Des logements des années 1960 devenus vétustes
Ces habitations servent à héberger les militaires et leur famille lors de leur mission au Shape. Construites en 1967, "à la hâte et pas avec les meilleurs matériaux", elles avaient largement rempli leurs devoirs et il était désormais temps de repartir sur de bonnes bases. "La Belgique a récupéré les bâtiments en 1977, et a organisé une première vague de rénovations en 1987. Une étude de faisabilité a montré qu'une nouvelle rénovation n'avait pas de sens, et il était plus logique de repartir sur des bases saines, en reprenant les standards actuels au niveau de la construction des habitations", explique à ce sujet Véronique Simon, administratrice des services patrimoniaux au sein du SPF Finances, en charge de l'entretien et de la location de ces logements.
Le défi est toutefois de taille. La destruction et la reconstruction doivent se faire de manière méthodique, puisque le SPF Finances doit maintenir une offre suffisante en logements. "L'une des difficultés, c'est de travailler sur un site occupé, car les logements sont encore habités. Ce n'est pas simple, et cela demande une gestion quotidienne."

Ce gigantesque chantier a donc été découpé en trois phases (2020-2022 ; 2022-2024 ; 2024-2026). De la sorte, la disparition d'une partie des bâtiments et compensée par l'apparition des nouveaux. "Actuellement, nous avons un déficit de 84 logements, mais qui sera résorbé dès la fin de la phase 1", précise-t-elle.
"Le début du projet remonte à décembre 2019, date à laquelle nous avons reçu les permis d'urbanisme. Les travaux préliminaires (égouttage, eau, électricité) ont débuté dès février 2020, et le vrai chantier de reconstruction a débuté en août 2020. En septembre 2021, nous avons organisé l'inauguration des premiers logements terminés, en compagnie du ministre des Finances et de la ministre de la Défense. Les premiers logements de la 'nouvelle génération' seront occupés dans le courant de cette année."
Un chantier à 145 millions, financé intégralement par la Belgique
Coût total de l'opération : 145 millions d'euros. Des frais partagés avec l'OTAN ? "Non, la Belgique finance l'intégralité, car c'est elle qui est propriétaire des bâtiments", précise encore Véronique Simon.

Un statut qui va lui permettre de rentabiliser son investissement au fil des années. "La Belgique finance, mais c'est également l'Etat belge qui va percevoir tous les loyers payés par les locataires de ces logements. Il sera donc amorti au fil du temps. Les loyers pratiqués sont tout à fait en ligne avec les loyers appliqués à l'extérieur, puisque basés sur le coût de la vie dans la région."
L'investissement est qui plus est intéressant du point de vue de la rentabilité. Le site n'est en effet pas assez grand que pour accueillir l'ensemble des Shapiens. Avec une demande plus grande que l'offre, l'Etat a ainsi la garantie de trouver des locataires en permanence pour ces 600 habitations.