"Sur la Costa Blanca, on retrouve une grande variété de prix, courant de moins de 200 000 euros à 2 ou 3 millions d'euros"
Les prix des secondes résidences ont augmentés en Espagne. Tout en restant abordables, insistent les promoteurs rassemblés au sein de l'association Provia.

- Publié le 05-04-2022 à 12h24
- Mis à jour le 07-04-2022 à 15h32

Libre Immo | Le dossier
Destination prisée des Belges avides de seconde résidence au soleil, le sud de l'Espagne se targue de plusieurs "costas" où nos compatriotes ont leurs habitudes et leurs préférences. Parmi elles, la Costa Blanca, qui englobe la province d'Alicante, concentre, et de loin, leur appétit pour la brique de villégiature espagnole, devant la Costa del Sol (Malaga) et la Costa Calida (Murcie).
Deux ans après l'éclatement de la pandémie en Europe, alors que les mesures s'allègent et que le tourisme reprend peu à peu des couleurs, annonçant un bel été, Jesualdo Ros Tonda, secrétaire général de Provia, l'association des promoteurs immobiliers de la province d'Alicante, y fait le point sur la bonne santé de l'immobilier de loisir et, surtout, sur son attrait auprès des acquéreurs belges.
Depuis quand la Costa Blanca est-elle en vogue ?
Le développement du tourisme résidentiel a commencé dans les années 1960, avec l'arrivée croissante de touristes français et suédois. Aujourd'hui, ils viennent de partout en Europe. Traditionnellement, les Britanniques, les Scandinaves, les Belges, les Néerlandais et les Français sont les plus assidus. À l'exception des Britanniques, premiers aficionados incontestés de la région, les autres nationalités fluctuent en fonction de la situation socio-économique de chaque pays. Quant aux Belges, il s'agit de l'une de leurs destinations préférées. Parmi ceux qui achètent une maison en Espagne, 50 % choisissent la Costa Blanca.
Quid des Espagnols ? Sont-ils aussi présents ? À moins qu'il ne s'agisse d'un marché d'étrangers ?
La Costa Blanca est également plébiscitée par les Espagnols qui achètent une résidence secondaire. La plupart viennent du centre de la péninsule, notamment de Madrid, et du nord, comme le Pays basque ou la Navarre. Cela donne lieu à un public varié, entre locaux, seconds résidents espagnols et étrangers. Mais tous sont très bien intégrés, d'où qu'ils viennent. La Costa Blanca est une terre habituée à accueillir les touristes, vacanciers comme seconds résidents, et est soucieuse de les faire se sentir chez eux. Nous disposons d'un secteur touristique hautement professionnalisé et cela se reflète dans la satisfaction de ceux qui nous rendent visite ou qui vivent une partie de l'année chez nous.
Les logements recherchés par les seconds résidents ont-ils évolué avec le temps ?
Ces dernières années, il y a eu des changements notoires, exacerbés par la pandémie. Le client belge, en particulier, est en demande de logements de plus en plus grands, préférant les maisons individuelles aux appartements avec, si possible, un terrain privé. De manière générale, le profil de nos clients européens a changé. Selon nos statistiques, l'âge moyen est tombé à 49 ans, sous l'effet de la montée en puissance du travail à distance avec la crise sanitaire.
Comment les professionnels de l'immobilier de loisir à Alicante ont-ils surmonté la crise sanitaire ?
Passé le choc de 2020, les suites du Covid en 2021 ont d'abord donné lieu à beaucoup de craintes et d'incertitudes. Au début de l'année écoulée, on redoutait un nombre de ventes historiquement bas. Mais la Costa Blanca s'est révélée très bien préparée pour faire face à la situation. Ses atouts ont évité le scénario catastrophe que beaucoup appréhendaient. Ainsi, le fait qu'elle soit accessible en voiture depuis de nombreux pays européens, qu'elle se prévale d'un climat idéal même pour être confiné, de logements conçus pour profiter de la lumière et de l'extérieur, d'une compatibilité avec le travail à distance, entre autres aspects, ont fait que de nombreux étrangers ont envisagé d'acheter une maison ici et non dans d'autres destinations concurrentes. Dès que la mobilité n'a plus été restreinte, toute cette demande qui attendait de sauter le pas, l'a fait, en achetant une maison sur la Costa Blanca. En fait, 2021 a été une année particulièrement bonne pour le tourisme résidentiel à Alicante.
Quid du secteur de la construction ? Les chantiers ont-ils pu se poursuivre sans encombre ?
Ces dernières années, le rythme de construction de logements touristiques sur la Costa Blanca a été d'environ 3 000 logements par an. Actuellement, nous connaissons une hausse toujours plus importante des prix des matières premières, ce qui affecte le rythme de construction et aura pour conséquence que moins de projets seront mis en chantier que prévu. En outre, cela signifie que les logements qui ont été mis en chantier ces mois-ci ou qui le seront à moyen terme subiront des hausses de prix importantes que nous ne sommes pas sûrs que le marché puisse accepter.
La hausse des prix des logements généralisée en Europe impacte-t-elle différemment la Costa Blanca ?
Jusqu'à présent, les prix ont augmenté au même rythme que dans d'autres pays. Mais l'un des grands avantages de la Costa Blanca est qu'elle offre les mêmes avantages, voire plus, que d'autres destinations concurrentes (y compris en Espagne), le tout à un prix beaucoup plus abordable. Sur le segment particulier du tourisme résidentiel, on retrouve une grande variété de prix, courant de moins de 200 000 euros à 2 ou 3 millions d'euros.
La proximité d'un site de golf est-elle aussi valorisée que celle de la mer ou de la montagne ?
L'un des grands avantages de la Costa Blanca est l'étroitesse relative de son territoire et la facilité avec laquelle on peut s'y déplacer. Il est ainsi possible de visiter la montagne, un terrain de golf et la mer dans la même journée. Indépendamment de cela, l'attrait du golf pour le public cible de ce sport est indiscutable, car l'environnement et le climat favorisent sa pratique tout au long de l'année.
L'Espagne encourage-t-elle de quelque manière que ce soit les étrangers à investir sur son territoire ?
Il est plus facile pour les citoyens européens d'acheter un bien en Espagne, car l'administration et les institutions financières espagnoles leur offrent le même traitement que pour un citoyen espagnol. Hors de l'espace Schengen, l'achat d'un bien immobilier est plus complexe. Malgré cela, nous avons de plus en plus d'acheteurs issus d'autres continents, comme l'Amérique du Nord, par exemple.
