Hugues Kempeneers (nouveau patron d'Embuild Wallonie) : "Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire"
Libre Immo | Le portrait. Hugues Kempeneers, 34 ans, succède à Francis Carnoy qui était depuis dix-huit ans à la tête de l'organisation patronale de la construction, Embuild Wallonie. La Région fait face à des défis en matière de bâti et d'accessibilité au logement.

- Publié le 27-02-2023 à 10h58

Depuis dix-huit ans, pour tous les acteurs de la construction, le visage du secteur en Wallonie c'était Francis Carnoy. Souhaitant réduire la cadence, il a décidé de céder le flambeau de la direction générale d'Embuild (anciennement Confédération construction Wallonie) à Hugues Kempeneers. Et ce, après 32 ans passés au sein de l'organisation patronale. Il poursuit néanmoins son activité à mi-temps en qualité de conseiller général pour soutenir son successeur dans l'exercice de sa fonction et défendre le secteur via différents thèmes et mandats qui lui tiennent à cœur. "C'est mon bras droit de la connaissance", précise Hugues Kempeneers.
Yvoirien d'origine, Bruxellois d'adoption, ce diplômé en marketing de l'Ephec a effectué toute sa carrière au sein de la Confédération. "J'ai eu la chance d'y faire un stage durant lequel je me suis occupé des journées Chantiers ouverts. J'y ai découvert un secteur très humain composé d'entrepreneurs avec un franc-parler certain", remarque Hugues Kempeneers, qui passe dix ans à la Confédération construction Bruxelles où il travaille notamment sur les questions de circularité.
S'il reste au sein de la fédération patronale, le changement est tout de même important. "La fonction change bien sûr mais aussi le contexte. La taille du territoire est autre. La Wallonie compte quelque 30 000 entreprises de construction", détaille Hugues Kempeneers, qui souligne aussi que les législations et la fiscalité sont différentes entre les trois Régions. "Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire en Wallonie. La Région est en pleine réflexion pour améliorer le bâti et l'accessibilité au logement. Nous devons être son partenaire sur ces sujets afin de trouver des solutions. Séparément, nous n'y arriverons pas."
Cinq priorités
Embuild Wallonie s'est fixé cinq priorités. La première, sans jugement d'importance, est d'avoir des logements abordables. "Avant les crises récentes, on estimait que près de sept ménages sur dix pouvaient acheter un bien immobilier d'une valeur de 240 000 euros. Aujourd'hui, on est à quatre sur dix. Il faut trouver des solutions pour faire en sorte que le premier poste de dépenses des ménages reste accessible. Cela passe notamment par la fiscalité. On peut de même se demander si le renforcement des exigences PEB ne va pas trop loin."
Deuxième défi : résorber la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. "Plus de 6 000 offres d'emploi sont ouvertes dans le secteur. On doit former des travailleurs et essayer d'attirer plus de femmes. Quelque chose est à faire également du côté des demandeurs d'asile. Nous avions un projet pilote au niveau national qui a permis à certains d'entre eux de décrocher un contrat dans le secteur. Mais le problème, c'est qu'une fois qu'ils avaient signé ce contrat ils ne pouvaient plus bénéficier d'un logement via Fedasil et se retrouvaient à la rue… On travaille avec Fedasil sur cette problématique."
La troisième priorité est l'accélération de la rénovation énergétique des bâtiments. "On a tous pris conscience de l'importance de la rénovation énergétique depuis l'augmentation des prix du gaz et de l'électricité. Pour bien faire, on doit tripler ce qui se fait actuellement."
Quatrième défi : renforcer les investissements publics." Il faut aussi mener des actions spécifiques pour améliorer l'accès aux marchés publics." Enfin, Embuild Wallonie souhaiterait une simplification et une accélération des permis d'urbanisme. Un programme ambitieux…
