Nicolas Delens, entrepreneur en herbe qui construit des tiny houses: "J'essaye d'utiliser au maximum des matériaux qui ont déjà servi"
Libre Immo | Le portrait. Nicolas Delens est le fondateur de la start-up Ernesst qui propose des séjours insolites dans des tiny houses en pleine nature.

- Publié le 02-09-2024 à 11h16
- Mis à jour le 02-09-2024 à 11h33

Sa première tiny house, Nicolas Delens l'a construite alors qu'il était encore étudiant. Fin juin, il a achevé sa troisième réalisation. Son objectif ? Trouver de beaux terrains pour y installer ses constructions et louer ces maisons miniatures en vue d'un séjour insolite en pleine nature.
Né à Uccle en 1998 et ayant grandi dans le Brabant wallon, Nicolas Delens a fait une année d'études d'ingénieur industriel à l'Ecam avant de se rediriger vers un bachelier en construction et technologie du bois à la Haute école Robert Schumann à Libramont. En fin de première année, il se lance, avec Sam Henry, un autre étudiant, dans la construction d'une tiny house qui leur servira de kot. "Nous avons tout fait nous-mêmes en regardant des tutos sur YouTube et en demandant conseil à nos professeurs qui étaient très emballés par notre projet. Mon passé familial m'a aussi aidé", raconte Nicolas Delens qui évoque son grand-père Guy Delens, directeur de l'entreprise de construction Valens, et son père qui possède une menuiserie.
Un kot… à projet
À la rentrée universitaire 2019, les deux étudiants s'installent donc dans leur tiny house, "tout en continuant à bosser dessus. Nous n'avions pas d'eau courante. Et le poêle à bois n'a été livré qu'en décembre alors qu'il gelait cet hiver-là… Ce ne fut pas toujours facile, mais nous n'y avons que des bons souvenirs", se souvient Nicolas Delens, qui, à l'éclatement de la pandémie en mars 2020, retourne habiter chez ses parents. "Mais Sam a passé tout le confinement dans la tiny house."
À la fin de la crise sanitaire, les deux étudiants décident d'élargir leur projet à d'autres jeunes qui possèdent des compétences différentes de la construction et se lancent dans la gestion de logements insolites. "Nous voulions faire une sorte de kot à projet, comme il en existe à Louvain-la-Neuve. Un étudiant en web design, un autre en communication et une troisième en finance nous ont rejoints dans l'aventure", évoque Nicolas Delens. Avec Sam Henry, ils retravaillent sur leur tiny house qu'ils déplacent et mettent en location à Genval, dans le Brabant wallon, avec vue sur le lac, et en gèrent une autre à Strée (Modave). "Nous l'avons cédée depuis", évoque Nicolas Delens qui a aujourd'hui repris le concept à son compte sous le nom de Ernesst.
Cet été, l'entrepreneur vient d'installer une nouvelle tiny house à Lubbeek en Brabant flamand, qu'il a mise en location.
En parallèle, il a également construit deux tiny houses pour un client, sous le nom de Ernesst Timber Tech. "Mais je préfère me consacrer à l'activité de location pour l'instant", précise le jeune homme qui a travaillé également pendant deux ans et demi, à raison de quatre jours par semaine, pour le bureau d'études Ney and Partners Wow, qui a à son actif la Gare maritime de Tour&Taxis à Bruxelles entre autres réalisations.
"J'essaye d'utiliser au maximum des matériaux qui ont déjà servi. Et quand il faut du neuf, si c'est possible, je choisis des matériaux biosourcés."
En quête de terrains
Depuis la fin juin, le fondateur d'Ernesst se consacre exclusivement à sa start-up. Il est pour cela à la recherche de propriétaires susceptibles de mettre leur terrain à disposition. "Il peut y avoir déjà une construction sur place que je peux aménager en logement. Ou je peux y bâtir une tiny house", indique Nicolas Delens qui souligne : "Le terrain joue pour beaucoup. C'est important pour le client qui vient y passer la nuit de se retrouver seul dans une belle propriété avec personne à cent mètres à la ronde."
L'artisan fait tout lui-même : gros œuvre, électricité, plomberie… "C'est plus simple que de faire appel à des corps de métier différents. Tout doit être combiné car je passe sans cesse d'une technique à l'autre. Mais j'ai souvent un ou deux stagiaires pour m'aider", note Nicolas Delens qui partage une vision écologique forte. "J'essaye d'utiliser au maximum des matériaux qui ont déjà servi. Et quand il faut du neuf, si c'est possible, je choisis des matériaux biosourcés."
Ses logements disposent de toilettes sèches mais sont reliés à l'eau courante et à l'électricité. "Il est compliqué d'expliquer aux clients qu'ils n'ont droit qu'à deux minutes de douche… La société n'est pas encore prête pour cela." Il loue ses logements entre 150 et 180 euros la nuit et se charge de tout. Le propriétaire du terrain ne s'occupe de rien. Son objectif : proposer à terme une douzaine de logements aux quatre coins du pays.
