"Génération Single" : l'achat immobilier en solo, un phénomène en pleine expansion
Les acheteurs "solos" d'un premier bien immobilier sont devenus majoritaires sur le marché. Et ce phénomène est particulièrement marqué dans les grandes villes.

- Publié le 13-11-2025 à 10h23
- Mis à jour le 13-11-2025 à 11h55

Les acheteurs solos deviennent majoritaires sur le marché immobilier. Et ce phénomène est particulièrement marqué dans les grandes villes. Telles sont les principales conclusions d'une étude réalisée conjointement par la banque Belfius et le site immobilier Immoweb, à propos des primo-acquéreurs (personnes achetant un premier bien immobilier), qui analyse les chiffres des crédits hypothécaires auprès de Belfius depuis début 2025. Que faut-il en retenir précisément ?
1. Les achats solos majoritaires
C'est une nouveauté : en 2025, plus d'un dossier de crédit sur deux contracté auprès de Belfius Banque (54 %) l'a été par une personne seule, contre 46 % par un couple d'acheteurs. "Jusqu'à récemment, entre 2021 et 2023, les acheteurs solos et en duo se partageaient encore le marché à parts égales, autour de 50/50", souligne Ruben De Winne, Product Manager Crédit hypothécaire chez Belfius Banque.
Le phénomène s'explique évidemment par l'évolution démographique et ce qu'on appelle la "Génération Single". En Belgique, la proportion de ménages composés d'une seule personne ne cesse d'augmenter : elle est passée de 30 % en 1995 à 36,3 % en 2025 selon Statbel. Parallèlement, la taille moyenne des ménages continue de diminuer, passant de 2,43 personnes en 1995 à 2,25 en 2025.
À noter, toutefois : les primo-acquéreurs achetant seuls ne représentaient, en 2025, que 43 % du montant total des crédits octroyés par Belfius Banque, contre 57 % pour les achats à deux. Ce qui s'explique logiquement par des budgets globalement plus restreints pour les acheteurs en solo qu'en couple.
Quant à la répartition hommes-femmes des acheteurs solos, elle est quasi équilibrée, regroupant 51,2 % d'hommes et 48,8 % de femmes.
2. Les grandes villes, bastion des acheteurs solos
Dans la plupart des grandes villes belges, le phénomène des achats en solo est particulièrement marqué.
À Anvers, par exemple, près de 7 dossiers de crédit sur 10 sont déposés par des personnes seules (69 %) et ce taux est également très élevé à Bruxelles et Liège (67 % chacune).

Si l'achat en solo est avant tout un phénomène urbain, constaté aussi bien en Flandre qu'en Wallonie (63 % à Charleroi, 60 % à Namur), ce n'est pas le cas hors des grandes villes où les dossiers de crédit se répartissent à moitié-moitié entre couples et acheteurs célibataires.
En 2025, seulement 20 % des prêts contractés par des acheteurs solos couvrent plus de 90 % du prix du bien, contre 33 % pour les achats réalisés à deux, signalent Belfius et Immoweb.
3. Les acheteurs solos disposent de revenus plus élevés
Les acheteurs seuls affichent des revenus médians plus élevés (2 500 euros) que ceux achetant à deux (2 300 euros en moyenne par personne), signale l'étude Belfius-Immoweb. "Mais un revenu individuel plus important ne suffit pas toujours à emprunter davantage : ce revenu supérieur ne compense pas l'avantage du double salaire, qui accroît mécaniquement la capacité d'emprunt des couples", est-il précisé.
C'est à Bruxelles, où la concentration de hauts revenus est la plus importante, que le revenu médian des acheteurs est le plus élevé : il s'élève à 2 780 euros pour une personne seule et 2 480 euros/personne pour un couple qui achète un premier bien.

4. Plus compliqué d'acheter seul qu'à deux
Financer un logement en tant que personne seule reste cependant un défi. Car les contraintes financières pesant sur un acheteur solo peuvent s'avérer lourdes. Il devra disposer de fonds propres pour financer seul les droits d'enregistrement (3 % en Wallonie, 2 % en Flandre mais 12,5 % à Bruxelles, avec des abattements). Et la part du bien financée via un crédit hypothécaire sera moins élevée. En 2025, seulement 20 % des prêts contractés par des acheteurs solos couvrent plus de 90 % du prix du bien, contre 33 % pour les achats réalisés à deux, signale l'étude. "Comme il n'y a qu'un seul revenu pour rembourser le crédit, les personnes seules peuvent généralement emprunter moins et un apport personnel plus important est requis. Cela se traduit par un taux de quotité moyen plus bas pour les personnes seules. En d'autres termes, lorsqu'on achète un bien seul, il faut disposer d'une épargne plus importante que lorsqu'on achète à deux", précise Ruben De Winne.