Jusqu'à 7% d'augmentation : l'écart des prix entre les supermarchés va-t-il davantage se creuser ?
Presque tous les fabricants ont été contraints d'imposer des prix plus élevés à leurs clients. Le prix de l'énergie joue un rôle sur l'augmentation des prix.

- Publié le 25-03-2022 à 08h03
- Mis à jour le 25-03-2022 à 12h06

Si vous avez l'habitude de surveiller votre budget pour les courses, vous aurez remarqué la hausse des prix dans les supermarchés. Un ménage belge qui avait l'habitude de dépenser 400 euros par mois pour ses courses l'année passée, doit désormais débourser 418 euros pour les mêmes produits. Votre panier coûte 4,51 % de plus qu'en 2021. En cause ? Les prix plus élevés de l'énergie, mais aussi des matières premières plus rares comme le blé, les huiles (huile de palme, huile de soja, huile de colza, huile de tournesol et huile d'olive) et le café. En plus de ces éléments, les distributeurs doivent également prendre en compte la hausse des prix du transport et des salaires qui ont été indexés à cause de l'inflation.
Presque tous les fabricants ont donc été contraints d'imposer des prix plus élevés à leurs clients. Cependant, les supermarchés ne répercutent pas uniformément ces hausses de prix sur les consommateurs. "Chaque enseigne a une stratégie qui lui est propre , explique Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test Achats. Certains supermarchés répercutent la hausse des coûts plus rapidement que d'autres sur le consommateur."
Quatre enseignes sous la moyenne du marché
Certaines enseignes ont un pouvoir de négociation plus important qui leur permet de jouer sur les prix. Elles développent aussi des marques propres. Par exemple, Colruyt (4,31 %) et Delhaize (4,19 %) sont légèrement en deçà de la moyenne du marché (4,51 %). Toujours en rapport avec celle-ci, les prix ont connu une moindre augmentation chez Cora (2,16 %) et Albert Heijn (3,52 %). "Cora partait cependant d'un niveau de prix plus élevé. Continuer à augmenter ses prix, c'était prendre le risque de perdre une partie de sa clientèle."
En revanche, la hausse des prix chez Lidl et Aldi est respectivement supérieure de 3,47 % et 1,87 % à la moyenne du marché, marquée par une hausse de 4,51% . Chez Okay, les prix ont augmenté de près de 1 %. Chez Spar et Carrefour, ils sont en hausse de 0,4 % et 0,3 %, soit légèrement plus que la moyenne du marché. "Les enseignes proposent des assortiments différents, c'est un élément important dont il faut tenir compte" , précise Jean-Philippe Ducart. Aldi et Lidl vendent peu de marques nationales, cela pourrait expliquer pourquoi, par rapport à l'augmentation moyenne des prix de notre panier, les augmentations de prix chez Lidl et Aldi sont plus élevées que dans les autres supermarchés.
Albert Heijn reste très compétitif sur le marché. Colruyt a d'ailleurs pour habitude de s'inspirer des prix de son concurrent présent en Flandre. Une stratégie qui peut perdurer malgré l'augmentation des coûts de l'énergie et des matières premières ? "Difficile à dire" , ajoute Jean-Philippe Ducart." Tout dépend de l'évolution des prix et de l'assortiment de chez Albert Heijn et si le réseau de celui-ci évolue chez les francophones."
L'écart des prix entre les discounters et la distribution "classique" va-t-il davantage se creuser ? Non et c'est même plutôt l'inverse qui risque de se passer. "Pour le moment, tout le monde est prudent" , analyse Jean-Philippe Ducart. Si le niveau des prix de l'énergie se maintient au niveau actuel pendant plusieurs mois, l'écart risque de se résorber. "Même si le distributeur a une politique de prix agressifs, il doit payer la facture d'énergie, c'est un paramètre qui doit être pris en compte par tout le monde."