Énergie, construction, conso: quelles bonnes nouvelles à attendre du côté des prix ?
L'inflation se calme mais les prix restent élevés. Mais que peut-on espérer du côté des bonnes nouvelles ? La Libre fait le point.
- Publié le 01-09-2023 à 15h29

Libre Eco | le dossier
La rentrée énergétique sera moins salée qu'en 2022
Au niveau des prix à la pompe, les constats sont partagés. Ainsi, le prix maximum du Diesel s'est établi à 1,9270 euro ce vendredi, un niveau en deçà du prix maximum moyen de septembre 2022 (1,9961 euro).
Constat différent pour l'essence 95, dont le litre coûte actuellement 1,8850 euro maximum, contre 1,7235 euro il y a un an (moyenne du prix maximum de septembre 2022).
Au niveau du mazout 50S, une commande de 1 000 litres coûte actuellement un maximum de 1 044 euros, contre un maximum de 1 250 euros, en moyenne, en septembre 2022.
-> Lire aussi notre article ciblé sur les prix qui grimpent pour la rentrée 2023

Le gaz et l'électricité en chute libre
Au niveau des factures de gaz et d'électricité, les différences sont gigantesques. C'est en effet en août 2022 que le prix du gaz avait atteint un niveau stratosphérique sur les marchés, après la fermeture des vannes russes.
Dans la foulée, les principaux indices servant à indexer les contrats de gaz et d'électricité avaient flambé. Ainsi, en septembre 2022, l'indice Endex 101, servant de base à l'indexation de nombreux contrats d'électricité, était monté à 471 euros par MWh, contre 84 euros par MWh en août 2023.
L'indice ZTP 101, qui sert de base à l'indexation de nombreux contrats de gaz, était monté à 202 euros par MWh en septembre 2022, contre 29 euros par MWh aujourd'hui. Une sacrée différence…
Après leur envol, les prix des billets d'avion devraient se stabiliser
Voyager par les airs devient de plus en plus cher depuis la Belgique. Par rapport à juillet 2022, les prix des billets d'avion ont ainsi augmenté de 18 %, si l'on se réfère à l'indice des prix à la consommation de Statbel, l'office belge de statistique. Les prix des tickets se sont même envolés de 44 % entre juin et juillet 2023. Cette dernière flambée n'étant toutefois pas si exceptionnelle : les compagnies aériennes gonflent chaque année leurs prix lors des deux mois de vacances scolaires estivales. Voyager dans notre pays revient aussi plus cher, avec des hausses qu'on retrouve dans les tarifs des chambres d'hôtel (+13,5 %) ou le prix des vacances organisées (+12,5 %).
Qu'en sera-t-il à l'avenir ? Tout porte à croire que la hausse des prix des billets d'avion devrait être moins spectaculaire dans les prochains mois. Frappée par une forte inflation comme tous les autres secteurs, l'industrie aérienne a, en outre, fait face à un effet de rattrapage post-Covid très marqué. La demande des passagers, en manque de voyages suite aux restrictions sanitaires, a ainsi été supérieure cette dernière année à l'offre des compagnies aériennes. Ce qui a permis à ces dernières de monter leurs prix en flèche. Ce déséquilibre devrait s'atténuer prochainement : plusieurs spécialistes remarquent ainsi déjà une stabilisation tarifaire, voir une légère baisse des prix des billets d'avion sur certaines destinations.
Téléphones et matériaux de construction : ces coûts qui baissent
Outre l'électricité, le gaz et le carburant (voir en page 2), deux produits sont moins chers que lors de la rentrée 2022, selon les statistiques de Statbel. Il s'agit des téléphones mobiles et du matériel audiovisuel. Dans cette dernière catégorie, le "matériel vidéo" a même enregistré une baisse spectaculaire de 14 % de ses prix par rapport à l'année dernière.
Notons aussi que certains produits, comme les habits, les chaussures, les linges de lit, les petits appareils ménagers, les médicaments ou les meubles de jardin ont vu leurs tarifs assez faiblement augmenter depuis juillet 2022. Les frais de services dentaires sont, eux, restés identiques.
D'autres produits semblent aussi entamer une chute de leurs prix ces dernières semaines, comme les boissons alcoolisées dont le tarif est en baisse de près de 2 % par rapport à juin 2023. Si l'on prend l'évolution sur l'année, vins, spiritueux et bières restent toutefois près de 7 % plus chers que lors de la rentrée 2022.
Beaucoup d'incertitudes
Autre constat : les fortes hausses des prix des matériaux de construction ne sont plus d'actualité et certains coûts ont même tendance à baisser, a expliqué récemment la fédération de la construction Embuild.
Les prix restent toutefois 35 % plus importants qu'en mars 2020, avant le début de la pandémie de coronavirus.
Selon l'analyse de la fédération, les hausses de prix se stabilisent pour de nombreux matériaux de construction (brique, ciment, béton) tandis que d'autres ont tendance à diminuer, notamment les produits de plastique (-7,2 % le mois dernier), l'acier (-3 %) et les métaux non ferreux comme le cuivre, l'aluminium et le zinc (-2,7 %). Ces baisses de prix s'expliquent par la diminution des coûts de transport et de logistique, l'affaiblissement du dollar et la baisse de la demande en Chine, explique Embuild. "Pourtant, construire et rénover ne sera pas forcément moins coûteux", prévient Niko Demeester, CEO d'Embuild. "L'augmentation du coût salarial y est pour beaucoup, mais aussi l'augmentation des prix des terrains à bâtir et l'accent mis sur l'efficacité énergétique."
La fédération n'est par ailleurs pas en mesure de prédire si la baisse de certains prix se poursuivra dans les prochains mois. La tendance reste difficile à prévoir et une nouvelle hausse des prix de l'énergie ou un autre événement important peuvent avoir un impact direct sur les matériaux de construction.
