Syensqo : un premier coup dur avant de redresser la tête ?
L'entité issue de la scission de Solvay signe un premier résultat mitigé, mais elle se veut confiante.

- Publié le 12-03-2024 à 15h28
- Mis à jour le 12-03-2024 à 16h09

Le groupe de chimie de spécialité Syensqo, issu de la scission de Solvay, a publié ses premiers résultats, ce mardi. Des chiffres plutôt décevants, même si les analystes ne s'attendaient pas à des miracles après une période compliquée, suivie d'une scission énergivore et chronophage pour les équipes.
"Les résultats sont légèrement en dessous des attentes. On sent bien que la société veut se montrer prudente pour l'année 2024. Par ailleurs, elle a annoncé attendre un ebitda entre 1,4 et 1,55 milliard d'euros pour 2024, alors que les attentes tournaient plutôt autour de 1,565 milliard d'euros", explique Frank Claassen, analyste chez Degroof Petercam. "Syensqo ne veut pas décevoir les marchés en 2024, en montrant de la stabilité, en n'annonçant pas de hausse des volumes de vente, malgré le business lié aux voitures électriques et aux matériaux composites. Mais c'est ce qui a poussé le titre à la baisse", poursuit-il, alors que le titre chutait de près de 6 %, à l'ouverture, avant de se redresser légèrement à la mi-journée.
"Il faut le temps de digérer. En soi, l'évaluation reste trop faible et nous visons une valorisation autour de 111 euros", nous dit-il, alors que le titre navigue actuellement autour des 82 euros et avait débuté à 94,50 euros lors de l'entrée en Bourse en décembre.
Chiffre d'affaires en chute
Côté résultats, le chiffre d'affaires net de Syensqo a accusé une diminution de 10 % en 2023, pour atteindre 6,8 milliards d'euros. Le groupe table toutefois sur une augmentation de l'ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) sous-jacent de 20 % au 1er trimestre 2024 par rapport au dernier trimestre 2023. La baisse globale du chiffre d'affaires est attribuée par le groupe à une baisse des volumes de 11 % et une augmentation des prix de 1 %.
L'ebitda sous-jacent de Syensqo s'élève à 1,618 milliard d'euros, en ligne avec les perspectives annoncées pour l'année 2023. La marge d'ebitda, de 23,7 %, a augmenté de 10 points de base en glissement annuel, soutenue par la forte hausse des prix nets.
Le bénéfice net sous-jacent s'élève, quant à lui, à 752 millions d'euros.
Retrouver la croissance d'ici peu
"L'année 2023 a été historique pour Syensqo et je suis fière de ce que nous avons réalisé dans un environnement macroéconomique incertain. Nous avons mené à bien la scission de Solvay, lancé le titre Syensqo sur Euronext Bruxelles et Paris, et nous avons atteint notre objectif d'ebitda pour 2023 tout en renforçant la position financière du groupe", souligne Ilham Kadri, CEO de Syensqo. "La forte génération de cash nous a permis d'accélérer le rythme de nos investissements dans des technologies et plateformes stratégiques conformément à nos objectifs à moyen terme."
Parmi ses objectifs financiers à moyen terme, Syensqo mise sur une croissance du chiffre d'affaires net entre 5 % et 7 % pour la période 2024-2028, en se développant encore sur le domaine des batteries, de l'hydrogène vert, des matériaux composites et des applications dans le domaine de l'aérospatial et l'industrie.
Enfin, lorsque nous avons demandé une ultime fois si la CEO avait un commentaire à faire par rapport à la prime exceptionnelle de 12 millions d'euros qu'elle a touchée à la fin du processus de scission de Solvay et lors de la reprise de la direction de l'entité séparée, difficile de ne pas percevoir une pointe d'agacement… "C'est un bonus qui lui a été accordé pour sa gestion du groupe Solvay ces cinq dernières années et pour avoir rempli sa mission de libérer tout le potentiel de l'entreprise", nous répète-t-on, ce qui a été validé par le conseil d'administration et l'assemblée générale des actionnaires (à environ 66,5 % des votes). La page est donc tournée et, désormais, Syensqo doit regarder vers l'avenir, comprend-on.