Les raisons de l'entrée ratée d'Euronav dans le Bel 20
En cause : le niveau trop bas de capital flottant à la suite de l'offre lancée par l'actionnaire majoritaire CMB. La question de l'attrait de l'action est relancée.

- Publié le 19-03-2024 à 16h13
- Mis à jour le 19-03-2024 à 16h35

Dans l'histoire du Bel 20, l'entreprise maritime Euronav aura la particularité d'avoir fait la plus brève apparition. Elle aura en effet intégré l'indice boursier belge moins de deux jours. Entrée lundi, l'action est sortie mardi car elle ne répondait plus au critère de flottant (part du capital coté en Bourse) de minimum 15 %.
En effet, l'entreprise de transport pétrolier a annoncé lundi soir après 21 heures que CMB, son actionnaire majoritaire, contrôlait 88,6 % des actions au terme de l'offre qui s'est clôturée vendredi dernier. Ce résultat ne fait du reste pas les affaires du CEO d'Euronav Alexander Saverys qui espérait qu'un minimum d'actionnaires apportent leurs titres à l'offre. Offre qu'il avait dû lancer dès l'instant où CMB avait franchi la barre des 30 % du capital d'Euronav. Ce résultat traduit également le peu d'enthousiasme suscité par la stratégie de verdissement de la flotte d'Alexander Saverys.
Quelles actions pourraient remplacer Euronav ? "Pour l'heure, 22 sociétés répondent aux critères actuels"
Mauvais timing
Le timing de l'entrée d'Euronav dans le Bel 20 (en même temps que Lotus Bakeries) était particulièrement mauvais. Conformément à son calendrier, la Bourse de Bruxelles avait dû faire son analyse pour les sociétés retenues une semaine avant la fin de la clôture de l'offre de CMB. En raison de la sortie précipitée d'Euronav, le Bel 20 ne comptera plus que 19 actions et non plus 20 jusqu'à la prochaine révision prévue le 21 juin.
Il faut répondre à plusieurs critères pour entrer dans le Bel 20. Un : la vélocité, qui est la vitesse à laquelle les actions s'échangent (à partir de juin, elle sera de 25 %, ce qui signifie qu'une action sur quatre a changé de main pendant la dernière année). Deux : il faut un free float (capital flottant) d'au moins 15 %. Trois : il faut un niveau de capitalisation boursière qui équivaut à 300 000 fois le niveau du Bel 20 (actuellement d'environ 3 675 points).
Le patron d'Euronext Bruxelles, Benoît van den Hove, voit trois avantages à figurer dans le Bel 20 : "L'impact médiatique joue auprès du grand public. L'entreprise accroît sa visibilité", nous explique-t-il. La présence dans le Bel 20 donne aussi "une image de marque pour le recrutement des talents". Et enfin, elle est un critère de sélection pour certains fonds indiciels, "ce qui donne plus de liquidité".
Quelles actions pourraient remplacer Euronav ? "Pour l'heure, 22 sociétés répondent aux critères actuels", nous explique Benoît van den Hove. Le nom de Colruyt est cité avec insistance. Ce qui est sûr, c'est qu'Aperam n'en fera plus partie puisqu'il s'agit d'une société dont le marché de référence n'est pas Bruxelles.