Shein, l'enseigne de fast fashion chinoise, pourrait entrer à la Bourse de Londres cette semaine
Bloqué aux États-Unis, le détaillant chinois de prêt-à-porter en ligne se tournerait vers le Royaume-Uni pour faire son entrée en Bourse.

- Publié le 03-06-2024 à 11h00
- Mis à jour le 03-06-2024 à 11h27

Le géant de la fast fashion Shein prévoit de déposer des documents pour une introduction en Bourse (IPO) à Londres dès cette semaine, selon les dernières informations de Sky News. Cette opération pourrait valoriser l'entreprise à environ 50 milliards de livres (58,7 milliards d'euros).
Fondée en Chine, Shein a déplacé son siège social à Singapour fin 2021. L'entreprise a accéléré ses préparatifs pour une cotation au Royaume-Uni après avoir rencontré des obstacles réglementaires aux États-Unis, où elle a été scrutée de près par les autorités. En janvier, Reuters a rapporté que Shein avait soumis des documents à la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine pour une possible cotation à New York. Cependant, l'entreprise a fait face à des pressions de la part de législateurs américains préoccupés par ses liens avec le gouvernement chinois, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays.
Un dépôt confidentiel auprès de la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni pourrait être la première étape vers une vente d'actions sur le marché londonien, potentiellement dès cette semaine ou à la fin du mois de juin, selon Sky News.
Malgré les rumeurs de cette IPO imminente, le porte-parole de Shein s'est refusé à tout commentaire sur ces informations.
Ethique, travail forcé et liens avec le gouvernement chinois
L'entreprise chinoise a été associée à des pratiques commerciales contraires à l'éthique, notamment des accusations de travail forcé.
L'année dernière, des législateurs américains avaient d'ailleurs demandé une enquête à la suite d'allégations selon lesquelles l'entreprise utiliserait le travail forcé des Ouïghours pour fabriquer certains de ses vêtements. Shein avait alors répondu à la BBC en déclarant qu'elle n'avait "aucune tolérance pour le travail forcé".
Des bénéfices en nette hausse
Mais ce ne sont pas les seules allégations contre l'entreprise chinoise. Un rapport a suggéré que certains travailleurs liés à des fournisseurs de Shein travaillaient encore 75 heures par semaine, malgré les engagements de l'entreprise à améliorer les conditions de travail. Une autre enquête, du groupe suisse Public Eye, a révélé que les heures supplémentaires excessives restent courantes chez de nombreux fournisseurs en Chine.
Shein a affirmé à la BBC qu'elle "travaillait dur" pour résoudre les problèmes soulevés par ce rapport et qu'elle avait fait des "progrès significatifs" dans l'amélioration des conditions de travail.
Cela n'a pas empêché l'entreprise de connaître un succès non négligeable. Depuis sa création en 2008, Shein a connu une croissance fulgurante, fortement encouragé par les fermetures liées à la pandémie de Covid-19, dopant ainsi le commerce en ligne et les acteurs comme Shein. Rien qu'en 2023, l'entreprise de vente low cost a déclaré des bénéfices à 1,84 milliard d'euros, soit 700 millions de plus par rapport à l'année précédente.
Le succès de l'entreprise repose sur une large gamme de vêtements bon marché, promus via des campagnes sur Instagram, TikTok et autres réseaux sociaux. Grâce à des milliers de fournisseurs tiers et des fabricants sous contrat près de son siège, Shein est capable de produire de nouveaux articles en quelques semaines seulement, bien plus rapidement que ses concurrents.