Un nouveau coup de bambou pour l'action Proximus : "Il n'était pas prévu que Digi propose des tarifs si peu élevés"
Déjà malmené depuis de nombreux mois, le titre Proximus subit une nouvelle dégelée à la Bourse.

- Publié le 11-12-2024 à 16h46
- Mis à jour le 11-12-2024 à 19h03

Les temps sont durs pour Proximus et son action en Bourse. Déjà malmené depuis des semaines – notamment par des critiques sur la gestion de l'entreprise émanant des milieux politiques, en particulier venant de Georges-Louis Bouchez (MR) et de la N-VA –, le titre a subi, mercredi, un nouveau coup de bambou, sur Euronext Bruxelles. En cause : l'annonce des tarifs ultra-bas du quatrième opérateur arrivant sur le marché belge des télécoms, Digi, qui a frappé fort avec, notamment, une offre mobile à 5 euros par mois.
Une annonce qui a fait plonger l'action Proximus jusque -10 % en cours de séance, autour de 5 euros/action, soit un niveau… sept fois moins élevé que son plus haut historique, aux alentours de 35 euros. Le titre a finalement terminé la séance en baisse de plus de 7,5%, à 5,14 euros.
L'arrivée de Digi sur le marché belge était pourtant déjà annoncée, donc anticipée dans les cours. "Mais les prix annoncés par Digi sont encore moins élevés que ce qui était attendu, note Patrick Casselman, analyste actions chez BNP Paribas Fortis. Des prix que ne peuvent pas proposer les trois autres opérateurs – Proximus, Telenet et Orange -, vu leur structure de coûts. D'autant qu'ils ont déjà lancé des offres de tarifs plus concurrentielles en anticipant l'arrivée Digi".
L'action Orange Belgium moins touchée
L'annonce a donc fait mal à l'action Proximus mais aussi au titre de l'opérateur Orange Belgium, dont la baisse, mercredi, a été toutefois nettement plus mesurée (-3,4 % environ) que celle de l'opérateur historique belge.
Reste à savoir si les prix planchers de Digi peuvent être tenables, durablement ? "Il s'agit clairement de prix de lancement de l'offre, estime Patrick Casselman, rappelant : quand Mobistar est arrivé, il a proposé des prix inférieurs de 30 % à ceux de Proximus. L'objectif est d'atteindre une certaine taille sur le marché pour être rentable. Et ensuite, peut-être, d'augmenter progressivement ses prix".
Mais, dans l'intervalle, le marché considère manifestement que la position de Proximus est fragilisée et que l'opérateur risque donc de voir s'échapper des clients et de perdre des rentrées importantes à un moment où les investissements pour installer la fibre optique sont particulièrement coûteux…