Premiers jours de Trump à la Maison-Blanche : Wall Street cherche son cap
Les marchés boursiers américains digèrent les premières annonces de Donald Trump, avec un focus particulier sur la question des droits de douane à la Chine.
- Publié le 24-01-2025 à 15h58
- Mis à jour le 24-01-2025 à 15h59

La Bourse de New York a ouvert sans grande conviction vendredi, les investisseurs assimilant une première série d'annonces de Donald Trump, de retour à la Maison Blanche depuis lundi, dont son approche plus modérée qu'attendu sur les droits de douane. Dans les premiers échanges, le Dow Jones lâchait 0,16 %, l'indice Nasdaq prenait 0,18 % et l'indice élargi S&P 500 était proche de l'équilibre (+ 0,05 %).
Le président américain a déclaré jeudi soir qu'il préférerait ne pas imposer de droits de douane à la Chine, un revirement apparemment brutal après ses promesses répétées de frapper le plus grand rival économique des États-Unis avec de lourdes taxes à l'importation.
Répondant à la question de savoir s'il pourrait conclure un accord avec le dirigeant chinois Xi Jinping sur Taïwan et le commerce, Trump a répondu dans une interview à Fox News : "je peux le faire parce que nous avons quelque chose qu'ils veulent, nous avons un trésor". "Nous avons un très grand pouvoir sur la Chine, ce sont les droits de douane, et ils n'en veulent pas, et je préférerais ne pas avoir à l'utiliser. Mais c'est un pouvoir énorme sur la Chine", a déclaré le président américain lors de l'interview.
Pour Jim Reid, économiste de Deutsche Bank, "ce sont des remarques à l'emporte-pièce, mais le marché retient qu'il existe une voie dans laquelle la Chine échappe au scénario du pire sur les droits de douane", a-t-il commenté.
Après avoir pris ses fonctions lundi, M. Trump avait déjà atténué ses menaces, mentionnant une hausse de 10 % sur les importations chinoises dès le 1er février, loin des 60 % de taxes promis jusque-là pendant sa campagne électorale. "Certains observateurs ont été soulagés car ces chiffres sont inférieurs aux annonces maximalistes de la campagne", relève Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BhF.
Le dollar est toutefois plombé par ces développements, les investisseurs tablant en conséquence sur une inflation moins importante aux États-Unis. Vers 12H20 GMT, le billet vert reculait de 0,65 % par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,0483 dollar pour un euro.
Les contrats à terme sur les indices américains laissent en revanche présager une ouverture en légère baisse à Wall Street ce vendredi.
Le pétrole en hausse
Les cours du pétrole sont en hausse vendredi, le marché estimant que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n'acceptera pas d'augmenter sa production pour faire baisser les prix, malgré les pressions de Donald Trump.
Vers 12H20 GMT, le prix du baril de WTI américain prenait 0,57 % à 75,05 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,58 % à 78,75 dollars.
