Les marchés continuent d'attendre des données concrètes sur les tarifs douaniers
La revue boursière | Peu de bouleversement cette semaine sur les marchés. Le président américain Donald Trump s'affiche quant à lui plus conciliant.
- Publié le 09-05-2025 à 19h27
- Mis à jour le 09-05-2025 à 19h40

La semaine écoulée n'a pas apporté beaucoup de changements dans les attentes des investisseurs, avec des données économiques qui pointent vers un impact négatif des tarifs sur l'activité économique aux États-Unis. Dans le même temps, la Maison Blanche a annoncé en grande pompe un premier accord commercial avec le Royaume-Uni, tandis que Donald Trump semble adopter un ton beaucoup plus conciliant avec la Chine, ce qui a permis aux indices américains de faire du surplace.
Le principal événement était la réunion de la Réserve Fédérale américaine (Fed), qui n'a pas entraîné de modification dans le positionnement attentiste de Jerome Powell. Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac, souligne le dilemme auquel la banque centrale américaine est confrontée. "Les indicateurs avancés comme les enquêtes de confiance se sont nettement affaiblis depuis le début de l'année, mais les indicateurs durs comme la croissance du PIB, le niveau de l'inflation ou les chiffres de l'emploi ont continué de bien résister. Si l'on ajoute des conditions financières qui se sont encore assouplies durant le mois d'avril et un affaiblissement du dollar qui pourrait soutenir l'inflation importée, la position de la Fed devient encore plus compliquée". Il estime également que les anticipations du marché quant à trois baisses du taux directeur de la Fed en 2025 sont probablement trop optimistes.
Dans l'attente
Les revirements constants du fantasque homme d'affaires ouvrent toutefois des nombreuses questions quant à l'empressement qu'auront les entreprises à encore investir massivement aux États-Unis durant les prochaines années, car peu de groupes pourront se permettre d'ouvrir de nouvelles usines sans être certaines que l'environnement réglementaire va rester stable durant les dix ou vingt prochaines années.
Pour Guy Wagner (CIO chez Banque de Luxembourg Investment), "le climat d'incertitude généralisé est susceptible d'impacter la croissance de l'économie mondiale dans les mois à venir. Les chiffres publiés jusqu'ici ne sont guère représentatifs car la plupart des entreprises avaient anticipé l'annonce des tarifs", avec un effet de stockage important durant les mois qui ont procédé le Liberation Day du 2 avril dernier. ll faudra donc probablement encore attendre quelques semaines avant que les chiffres commencent à refléter l'impact économique de la perturbation des chaînes d'approvisionnement vers les États-Unis.
Pression pharmaceutique
En Europe, la situation a été contrastée, avec un indice DAX qui a encore progressé de 1,8 % durant la semaine écoulée, aidé par le climat de détente sur le front de la guerre commerciale. À l'inverse, l'indice BEL20 a abandonné 2,7 %, en plongeant sous la barre des 4 400 points en raison des détachements de coupons pour plusieurs poids lourds de la cote, et de la pression mise sur le secteur pharmaceutique par l'administration américaine. ArgenX a abandonné 14 % suite à la publication de chiffres qui n'ont pas émerveillé les investisseurs, tandis qu'UCB a reculé de 9 %. Ces deux reculs n'ont pas pu être compensés par la bonne performance d'AB Inbev (+ 2,4 %) pour le premier trimestre.

