L'annonce de l'accord commercial USA-UE est bien accueillie par les marchés européens
L'accord commercial conclu entre les Etats-Unis et l'Union européenne rassure les bourses mais suscite des réserves et des inquiétudes.
- Publié le 28-07-2025 à 09h58
- Mis à jour le 28-07-2025 à 10h01

Les Bourses européennes ont ouvert en hausse lundi, au lendemain de la conclusion d'un accord commercial très attendu entre les Etats-Unis et l'UE établissant à 15% les droits de douane américains sur les produits européens.
Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 1,12%, Francfort 0,88% et Milan 0,70%. Londres gagnait 0,51%.
A Bruxelles, le Bel20 prenait 1,13%.
Réaction française
"La messe ne doit pas être dite" concernant l'accord commercial annoncé dimanche entre l'Union européenne et les Etats-Unis, a affirmé lundi le ministre français délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin, appelant à un "rééquilibrage" notamment dans les services.
"Moi, je ne veux pas qu'on s'arrête à ce qui s'est passé hier (dimanche). Ce serait effectivement assumer que l'Europe n'est pas une puissance économique. Et surtout, il y a un enjeu politique derrière", a-t-il dit.
"Les droits de douanes américains de 15%, qui s'appliquent également aux produits automobiles, coûteront des milliards chaque année aux entreprises automobiles allemandes"
"Est-ce que l'Union européenne est une force? Si on veut que la réponse soit oui, alors la messe ne doit pas être dite hier (dimanche)", a jugé le ministre, interrogé sur France Inter.
Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont arraché dimanche en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis soient taxés à 15%.
Les Européens espèrent à ce prix éviter une escalade commerciale.
Cet accord est "déséquilibré", a regretté M. Saint-Martin, reprenant le terme utilisé par le ministre français délégué chargé de l'Europe Benjamin Haddad un peu plus tôt sur X et celui également du ministre français de l'Industrie et de l'Energie Marc Ferracci sur RTL.
"Il va nous falloir continuer à travailler notamment sur la partie services", notamment numériques, a poursuivi M. Saint-Martin, ajoutant que les Etats-Unis ont une balance commerciale excédentaire pour les services avec l'Union européenne, à l'inverse des biens.
"Donald Trump a dit pendant des mois et des mois: je veux rééquilibrer une relation commerciale qui est totalement au détriment des États-Unis+. Et en fait, il ne parlait que de biens. Si vous prenez les services, c'est l'inverse", a souligné M. Saint-Martin, appelant l'Europe à "faire ce travail de rapport de forces et de rééquilibrage".
Le ministre a toutefois les exemptions sectorielles "très importantes" obtenues, en citant les spiritueux et l'aéronautique. "La bonne nouvelle, c'est qu'il y a un accord et que nos entreprises ont de la visibilité", a-t-il jugé.
Secteur automobile
Les droits de douane de 15% qui seront appliqués sur les voitures européennes entrant aux Etats-Unis dans le cadre de l'accord avec l'Union europénne annoncé dimanche "pèsent" sur les constructeurs automobiles allemands, a déploré lundi la fédération du secteur VDA.
"Les droits de douanes américains de 15%, qui s'appliquent également aux produits automobiles, coûteront des milliards chaque année aux entreprises automobiles allemandes", a déclaré Hildegard Mueller, présidente de la fédération des constructeurs automobiles allemands VDA.
Pour la filière automobile, pilier de l'économie allemande et premier secteur industriel du pays, ces surtaxes douanières vont s'ajouter à une situation déjà difficile entre concurrence chinoise accrue et coût du virage vers la mobilité électrique.
Les Etats-unis ont représenté l'an dernier le premier débouché des véhicules exportés d'Allemagne (13,1%), même si nombre de constructeurs allemands ont des usines implantées de l'autre côté de l'Atlantique où ils produisent pour le marché américain.
Pour la fédération des constructeurs allemands, "l'UE est désormais d'autant plus appelée à rendre les conditions-cadres en Europe compétitives au niveau international pour les investisseurs et les entreprises, afin de redevenir un lieu d'investissement plus intéressant et plus attractif".
L'accord entre l'UE et Washington prévoit des droits de douane sur toutes les importations européennes aux Etats-Unis, à un taux unique de 15%, comprenant toutes les taxes déjà existantes. Les constructeurs automobiles européens paient depuis avril des droits de douane de 27,5%.
En Asie
Les Bourses asiatiques ont évolué de manière optimiste lundi, portées par l'annonce d'un accord commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis, mais freinées par l'attente des réunions cruciales de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Japon cette semaine.
Vent d'espoir en Asie
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a reculé de 1,10% à 40.998 points, et l'indice élargi Topix de 0,72% à 2.930 points.
Les places asiatiques évoluaient dans le vert: la Bourse de Sydney gagnait 0,36%, Taipei 0,21%, Séoul 0,28% et l'indice hongkongais Hang Seng prenait 0,46% vers 06H30 GMT. L'optimisme s'emparait également de Shanghai, dont l'indice composite augmentait de 0,08% - renforcé par la perspective d'une prolongation de la trêve tarifaire entre Washington et Pékin.
Les marchés asiatiques ont débuté la semaine dans l'attente, après la signature d'un accord commercial entre les Etats-Unis et l'Union européenne, prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis seront taxés à 15%, évitant une escalade commerciale.
"Après le Japon, l'accord avec l'UE alimente l'espoir de progrès dans les discussions avec d'autres grandes puissances économiques, ce qui constitue un facteur de soutien pour les cours", ont noté les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
Les investisseurs asiatiques restaient néanmoins prudents en amont d'une semaine clé sur le plan monétaire, avec les réunions de la Réserve fédérale américaine (Fed) mardi et mercredi et de la Banque du Japon (BoJ) jeudi.
Les semi-conducteurs en berne
Dans le cadre de l'accord commercial avec les Etats-Unis, le Japon prévoit jusqu'à 550 milliards de dollars d'investissements pour soutenir des projets stratégiques aux Etats-Unis, notamment dans les semi-conducteurs.
"Nous, le Japon, les Etats-Unis et d'autres pays partageant les mêmes valeurs, cherchons ensemble à construire des chaînes d'approvisionnement dans des secteurs essentiels pour la sécurité économique", a déclaré samedi le négociateur nippon, Ryosei Akazawa, à la chaîne publique nippone NHK.
Dans ce cadre, il a précisé que les projets éligibles à un financement ne se limitaient pas aux entreprises américaines ou japonaises.
