Wall Street mise sur le "cadeau" de décembre
La future annonce de la Fed concernant une potentielle baisse des taux apporte de l'espoir sur les marchés.
- Publié le 24-11-2025 à 16h13

La Bourse de New York a ouvert en hausse lundi, portée par les espoirs d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre, à l'entame d'une semaine tronquée par un jour férié.
Dans les premiers échanges, le Dow Jones avançait de 0,15 %, l'indice Nasdaq prenait 0,94 % et l'indice élargi S & P 500 gagnait 0,56 %.
"Nous assistons à un rebond du marché à court terme", commente auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA. La place américaine surfe toujours sur les propos du président de la Fed de New York John Williams, qui a déclaré vendredi "continue (r) de voir de la marge pour un nouvel ajustement à court terme" des taux directeurs.
Un pari sur une baisse des taux
Une nette majorité d'acteurs du marché parient désormais sur une baisse d'un quart de point à l'issue de la prochaine réunion de l'institution, les 9 et 10 décembre, selon l'outil de veille CME FedWatch. Une politique d'assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises, d'où l'optimisme de Wall Street.
Lundi, le gouverneur Christopher Waller s'est également montré en faveur d'une baisse des taux avant la fin de l'année, exprimant des inquiétudes quant à un marché du travail "toujours fragile".
Il se peut qu'il y ait "davantage une approche au cas par cas à partir du mois de janvier", à mesure que de nouvelles données économiques seront publiées, a-t-il ajouté lors d'une interview sur la chaîne Fox Business.
Plusieurs indicateurs, dont la publication avait été suspendue pendant la période de paralysie budgétaire ("shutdown"), doivent paraître dans la semaine. Les investisseurs attendent mardi les ventes au détail de septembre et l'indice d'inflation des prix à la production (PPI) pour le même mois. "Les chiffres de l'inflation pourront être utiles" à la Fed, "mais il s'agit tout de même de données anciennes", explique Sam Stovall.
En outre, le CPI, mesure phare d'inflation aux États-Unis, d'octobre et le rapport sur l'emploi pour le même mois ne seront jamais publiés en raison du "shutdown". Ces mêmes données pour le mois de novembre ne seront connues qu'après la réunion de décembre de la Fed. "Cette semaine sera calme, marquée par un faible volume d'échanges", prévient aussi Sam Stovall.
Les marchés américains seront fermés jeudi, jour férié de Thanksgiving, et la séance de vendredi sera quant à elle amputée de trois heures.
Côté entreprises
Les opérateurs gardent un œil sur le secteur de l'intelligence artificielle (IA), mis à mal ces dernières semaines par des inquiétudes grandissantes sur les valorisations faramineuses de certains titres. "Les mégacapitalisations sont pour la plupart en hausse […] mais le secteur technologique a récemment pris l'habitude de céder ses gains matinaux", notent les analystes de Briefing.com.
Alphabet (maison mère de Google) prenait 4,90 %, le géant des puces Nvidia grappillait 0,72 % et Meta (Facebook, Instagram) s'octroyait 1,05 %.
Le titre du laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk plongeait de 8,36 % à 43,65 dollars, après que des essais ont montré l'absence d'effet du sémaglutide, molécule à la base de ses traitements anti-obésité, dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. Son concurrent, Eli Lilly, gardait la tête hors de l'eau (+ 0,21 % à 1.062,45 dollars).
Le pétrole et le gaz en baisse
Les cours du pétrole et celui du gaz européen baissent lundi, ce dernier tombant même sous les 30 euros le mégawattheure pour la première fois depuis plus d'un an, lesté par des négociations du plan sur l'Ukraine. Le TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz naturel, perdait 2,99 %, à 29,30 euros le mégawattheure (MWh) vers 13H00 GMT, peu après être tombé à 29,20 euros le MWh, un plus bas depuis mai 2024.
Du côté du pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,26 % à 62,72 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, s'inclinait de 0,22 % à 58,19 dollars.
Le bitcoin cédait quant à lui 2,27 % à 85.972 dollars. Ce niveau est en hausse par rapport à son plus bas niveau en sept mois (80.553 dollars) mais reste nettement inférieur à son pic de 126.200 dollars atteint le 6 octobre.
