Revue boursière : les mauvais élèves de l'IA ont déjà été punis
Les données économiques américaines ont renforcé le scénario majoritaire pour 2026.
- Publié le 19-12-2025 à 19h29

Les principaux marchés boursiers sont rentrés dans une phase d'hibernation, qui risque de durer jusqu'au début janvier. Les marchés font aujourd'hui face à deux incertitudes majeures pour 2026, la première concernant l'orientation de la politique monétaire et la seconde concernant la valorisation de l'intelligence artificielle.
Politique monétaire
Pour la première, la récente détente du taux directeur américain a été généralement une bonne nouvelle, Jerome Powell n'ayant pas fermé la porte à une nouvelle baisse en janvier. Même si la probabilité d'un tel assouplissement est encore faible, les données économiques publiées cette semaine n'ont pas vraiment remis en cause le scénario d'un ralentissement économique avec un chômage qui a rebondi à 4,6 %, et des indicateurs d'activités qui dépeignent une économie américaine en train de freiner.
De manière encore plus significative, les chiffres d'inflation publiés ce jeudi ont montré un ralentissement net de la hausse des prix. "Au niveau économique, le mois de décembre n'a pas amené de doutes supplémentaires sur les deux ou trois baisses du taux directeur attendues pour 2026", indique David Kruk (Responsable du trading desk chez La Financière de l'Échiquier).
Bulle en correction
La seconde incertitude concerne la valorisation de l'opportunité dans l'intelligence artificielle, avec des marchés qui ont dans un premier temps corrigé suite aux mauvaises nouvelles en provenance d'Oracle, avant de se reprendre durant la seconde partie de la semaine suite à l'annonce des excellents chiffres de Micron.
David Kruk souligne que si le marché est fortement préoccupé par la situation financière de deux ou trois sociétés (Broadcom, Oracle) qui ont pris le train de l'IA en retard et qui doivent investir fortement (et à crédit pour refaire leur retard, "les autres grands noms ont tout à fait les moyens de supporter une accélération de leurs investissements".
Il indique également que la bulle sur ces acteurs recourant l'endettement s'est largement dégonflée durant les dernières semaines. "Pour 2026, les grands courtiers américains tablent encore sur une progression de l'indice S & P500 vers 7600 points, un niveau qui me semble conforme avec les attentes actuelles sur les marchés".
Campine se démarque
Au niveau européen, le maintien du taux directeur de la BCE n'a surpris absolument personne, et les indices ont terminé la semaine sur un bilan légèrement positif, avec des gains de 0,7 % pour l'indice Euro STOXX 50, de 0,4 % pour l'indice Dax et de 1 % pour le CAC40. Bruxelles s'est démarqué positivement, avec une hausse de 1,8 % et un indice BEL20 qui n'est plus qu'à quelques points de son record, avec 16 valeurs en progression hebdomadaire, avec notamment des bonds de 6 % pour Aedifica et Elia, et de 4 % pour WDP.
Si le marché des introductions en Bourse de Bruxelles reste désespérément au point mort depuis plusieurs années (en dépit de l'arrivée d'EnergyVision au milieu 2025), le marché continu va enregistrer l'arrivée de Campine, la société de recyclage ayant bénéficié de l'explosion des cours de l'antimoine en 2025 pour voir sa capitalisation boursière exploser à plus de 300 millions d'euros. Le titre a terminé la séance de vendredi sur une hausse de 12 %.

