La question du Groenland "posera encore problème aux marchés" mais "le discours d'aujourd'hui suggère que l'Otan n'est pas menacée dans l'immédiat"
A Bruxelles, l'indice Bel20 a clôturé en hausse de 0,13 %.
- Publié le 21-01-2026 à 18h54
- Mis à jour le 21-01-2026 à 19h18

Les Bourses européennes expriment un certain soulagement mercredi, après le discours à Davos du président américain Donald Trump, qui a assuré exclure le recours à la force pour s'emparer du Groenland, territoire autonome danois qu'il convoite.
Après une première partie de la séance en nette baisse, les indices ont repris des couleurs après cette prise de parole. Paris a finalement fini en légère hausse (+0,08%), tout comme Londres (+0,11%). Milan a cédé 0,50% et Francfort 0,58%.
A Bruxelles, l'indice Bel20 a clôturé en hausse de 0,13 % à 5.255,84 points.
Les investisseurs rassurés
"Les investisseurs sont un peu rassurés par le fait que le discours de Donald Trump à Davos était moins dans la confrontation que ce qu'ils anticipaient", relève Patrick Munelly, de Tickmill Group.
Le président américain est arrivé mercredi en Suisse pour participer au Forum économique mondial de Davos dans un climat rendu électrique par sa volonté d'annexer le Groenland, au risque de faire éclater l'alliance transatlantique, et en menaçant d'augmenter les droits de douane des États européens qui refusent d'avaliser ce projet.
"Les gens pensaient que j'utiliserais la force. Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a-t-il assuré.
"Ces commentaires ont apaisé les craintes du marché concernant le risque extrême d'une invasion américaine du Groenland, mais ils ne dissipent pas les inquiétudes liées à l'imposition de droits de douane à plusieurs pays européens", relève Neil Wilson, de Saxo Markets.
Reste que le président américain a violemment attaqué l'Europe et le Danemark, réaffirmant que seuls les États-Unis étaient en mesure de protéger le territoire arctique, tout en vantant la vigueur de l'économie américaine.
La question du Groenland "posera encore problème aux marchés", mais "le discours d'aujourd'hui suggère que l'Otan n'est pas menacée dans l'immédiat", relève Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.
L'or au sommet
L'or, valeur refuge par excellence, continue de grimper et de battre des records face aux incertitudes.
Vers 16H50 GMT, l'once d'or gagnait 1,57% à 4.838,31 dollars, après avoir atteint un nouveau sommet à 4.888,42 dollars. Depuis le début de l'année, le métal précieux a déjà grimpé de près de 12%.
Du côté du marché de la dette, le taux d'emprunt des États-Unis à dix ans restait stable, à 4,28%, contre 4,29% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe a atteint 2,88%, contre 2,86% précédemment.
Après avoir chuté ces derniers jours en raison des menaces douanières de Donald Trump, le dollar grappillait 0,19% face à la monnaie unique européenne, à 1,1703 dollar pour un euro.
Plus forte chute en séance pour Danone
Le cours de Danone a fortement chuté à Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l'agence alimentaire de Singapour (SFA) dans un contexte de rappel de laits d'autres marques.
Le titre a cédé 8,42% à 67,40 euros, après avoir perdu près de 12% à l'ouverture, d'après l'agence économique Bloomberg, soit la plus forte baisse en séance jamais enregistrée par le titre depuis l'introduction en Bourse de Danone en 1989.
"La SFA a détecté la toxine céréulide dans deux produits supplémentaires de lait infantile", explique l'agence dans son communiqué.
"Ces produits pourraient avoir utilisé la même matière première fournie par la même source que celle utilisée dans les lots précédemment impliqués", précise la SFA, évoquant l'arrêt de la vente de cinq produits Nestlé annoncé le 8 janvier dernier pour la "présence potentielle de la toxine céréulide".
A la Bourse suisse, le titre de Nestlé a lui perdu 1,33% à 72,96 francs suisses.
A Bruxelles
Les plus fortes hausses de la journée parmi les actions de l'indice ont été enregistrées par Syensqo et Azelis. Le titre chimique a rebondi de 5,16 % pour atteindre 72,98 euros, tandis que le distributeur de produits chimiques a grimpé de 4,72 % à 8,32 euros.
La plus forte baisse de la journée parmi les actions de l'indice est revenue à Sofina, qui a reculé de 2,41 % à 243,40 euros. La valeur nette d'un action de la holding était estimée fin décembre 2025 à 299 euros. Un an plus tôt, elle était encore de 312 euros. Au second semestre, il y a toutefois eu une légère augmentation.
WDP a perdu 1,51 % pour s'établir à 22,14 euros. L'investisseur immobilier a participé pour environ 24 millions d'euros à l'augmentation de capital de son homologue suédois Catena afin de maintenir sa participation à environ 10,01 %.
L'avis des brokers
D'Ieteren (+2,5% à 186,6 euros) a été relevé de "conserver" vers "acheter" chez Jefferies, la cible grimpant de 185 vers 215 euros. L'analyste pointe une décote élevée (autour de 37%) alors que l'introduction en Bourse de Belron se profile. "Cette opération est attendue depuis longtemps, cette entreprise ayant vu sa valorisation multipliée par dix à 30 milliards d'euros durant les 10 dernières années". Dans un scénario optimiste, la valorisation pourrait même grimper à 290 euros par action.
UCB (-1,4% à 252,9 euros) a été maintenu à "acheter" chez ING, qui a propulsé son objectif de 257 vers 310 euros. L'analyste estime que le groupe a bien terminé 2025, avec un chiffre d'affaires qui continue d'être tiré par Bimzelx. En conséquence, il estime désormais que les ventes de cette molécule pourraient atteindre 8,5 milliards d'euros au début de la prochaine décennie. "De nouveaux programmes (Galvokimig et Donzakimid) pourraient également apporter une dynamique supplémentaire aux chiffres d'affaires".
KBC (-0,6% à 115,05 euros) a été maintenu à "neutre" chez UBS, qui a fait grimper sa cible de 110,2 vers 113 euros. L'analyste souligne que la marge est désormais faible de voir le groupe bancaire surperformer sensiblement le marché, avec des résultats trimestriels qui devraient toutefois rester soutenu par les revenus d'intérêts et des commissions. Il s'attend néanmoins à une hausse du dividende, qui devrait grimper de 3,15 à 3,5 euros par action, avec également la possibilité d'une dividende exceptionnet de 1,25 euro.
