Nvidia s'essoufle à Wall Street, Syensqo dégringole à Bruxelles
Revue boursière|La défiance vis-à-vis des valeurs liées à l'IA ne s'estompe pas.

- Publié le 27-02-2026 à 19h05
- Mis à jour le 27-02-2026 à 19h07

On prend les mêmes et on recommence… Sauf à la Bourse de Bruxelles, cette fois.
Le mouvement à l'œuvre depuis le début de l'année – fait de rotation géographique et sectorielle – ne se dément pas sur les marchés. Il aurait même tendance à s'amplifier pour le moment.
Les places qui, de l'autre côté de l'Atlantique, donnaient le ton depuis de nombreuses années ne parviennent pas à retrouver un second souffle. Les mêmes facteurs qui pèsent depuis le début d'année sur les indices y sont restés à l'œuvre cette semaine. En particulier un désamour pour les valeurs liées de près ou de loin à l'intelligence artificielle (IA).
Les stars de 2025 souffrent
Même des résultats excellents, voire mirobolants, ne suffisent dans ce contexte (passager ?) de défiance pour le secteur technologique. Nvidia en a fait l'amère expérience cette semaine, avec un recul de plus de 7 %, jeudi et vendredi, après avoir annoncé des résultats largement records pour le 4e trimestre 2025. Et avoir surpassé les attentes et évoqué une demande de capacités pour l'IA en "croissance exponentielle". La star 2025 de la cote américaine a entraîné dans son sillage des valeurs comme Apple, Microsoft, Meta ou Alphabet, qui ont toutes connu une fin de semaine difficile.
Résultat : les actions américaines ont sous-performé la plupart des autres marchés depuis le début de l'année. Au terme des deux premiers mois de 2026, la sanction est sans appel : le S & P 500 (les plus grandes valeurs américaines) est stable depuis le début de l'année et le Nasdaq Composite (valeurs technologiques) affiche une baisse sur ces deux mois (pas loin de -2,5 %)… alors que l'Europe cartonne : l'Eurostoxx 600, qui regroupe les actions des plus grandes sociétés européennes, a gagné près de 6,5 % en 2026, une progression tellement rapide qu'elle est généralement réservée aux seuls indices américains.

Bruxelles de retour sur terre
Les seules valeurs à ne pas subir cette déprime au pays de l'Oncle Sam sont celles qui n'entretiennent que des relations très lointaines avec l'IA, par exemple les mastodontes ExxonMobil (+ 22 % en 2026), McDonald's (+ 11,8 %) ou Walmart (+ 15 % environ). Et cette revanche de l'ancienne économie est symbolisée par le nouvel acronyme tendance à Wall Street : HALO ("Heavy assets, low obsolescence").
Et la Bourse de Bruxelles, dans tout cela ? Dans une Europe où certains marchés, comme celui de Paris, vont de record en record – sous la poussée des valeurs financières, notamment -, la place bruxelloise a connu de sérieux revers, cette semaine. Tout se passait relativement normalement jusqu'à jeudi, jour funeste pour Syensqo et toute la cote bruxelloise entraînée dans sa foulée. En perdant plus de 38 % de sa valeur en deux jours, le groupe chimique belge de spécialité a été rappelé à une cruelle réalité : dans une période où la volatilité extrême est devenue la nouvelle donne sur les marchés, le moindre choc peut s'avérer très rude. Et ce n'est Proximus, avec une chute de près de 16 % sur la seule séance de vendredi, qui dira le contraire… Il n'empêche, le Bel 20 affiche encore une belle hausse depuis de l'année, de près de 6,5 %. Il ne faut pas désespérer Billancourt !