"L'économie européenne est plus durement touchée par la hausse des prix de l'énergie que celle des États-Unis"
La Bourse de Bruxelles a terminé en baisse pour le troisième jour consécutif mercredi.
- Publié le 22-04-2026 à 18h40

Les marchés boursiers européens évoluent en baisse ce mercredi, partagés après l'annonce du prolongement de la trêve au Moyen-Orient, tout en étant attentifs aux publications de résultats d'entreprises qui ponctuent la semaine.
L'Europe s'est montrée moins enthousiaste. La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,96%, Francfort a perdu 0,31%, Londres 0,21% et Milan a reculé de 0,25%.
La Bourse de Bruxelles a terminé en baisse pour le troisième jour consécutif mercredi. L'indice Bel20 a encore reculé de 0,82 % pour s'établir à 5.386,79 points.
"L'économie européenne plus durement touchée"
"Le sentiment de marché est resté fragile tout au long de la journée, les opérateurs tentant d'évaluer si la dernière prolongation du cessez-le-feu par le président Trump serait durable, avec des doutes persistants quant au respect de cet accord par l'Iran et Israël", explique Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Par ailleurs, "l'économie européenne est plus durement touchée par la hausse des prix de l'énergie que celle des États-Unis. C'est ce que les investisseurs intègrent actuellement dans leurs valorisations", note Andreas Lipkow de CMC Markets.
Le Brent à 100 dollars
Le marché pétrolier, baromètre de la confiance des marchés depuis le début du conflit, s'inscrit en hausse.
Le Brent, référence du brut en Europe, prenait 2,94% à 101,38 dollars le baril, repassant au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,90% à 92,27 dollars.
L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump. Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation, mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'État iranienne.
"Bien que les annonces de cessez-le-feu et les réouvertures ponctuelles du détroit d'Ormuz aient contribué à atténuer les craintes immédiates concernant l'approvisionnement, des perturbations des flux persistent, maintenant ainsi une prime de risque résiduelle intégrée aux marchés de l'énergie", souligne Daniela Hathorn.
"Tout signe de ré-escalade majeure pourrait provoquer une forte hausse des prix", met en garde Fawad Razaqzada, analyste de marché à Forex.com. "Un autre scénario existe également: la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz continuera d'accentuer le déficit d'approvisionnement."
Salve de résultats d'entreprises
En attendant de nouveaux développements, "les marchés d'actions ont fait preuve d'une résilience notable" alors que la saison des résultats d'entreprises bat son plein, relève Daniela Hathorn.
A Amsterdam, le fabricant de puces électroniques ASM International a terminé sur un bond de 7,11%. Il avait présenté une prévision de hausse de chiffre d'affaires supérieure aux estimations des analystes, après un premier trimestre boosté par l'intelligence artificielle.
Le conglomérat industriel helvético-suédois ABB (+3,40% à la Bourse suisse) a relevé ses objectifs financiers pour 2026 après des commandes bien meilleures qu'attendu au premier trimestre, dopées par la demande d'équipements pour les centres de données. L'énergéticien Siemens Energy a grimpé de 7,42% à Francfort, porté par les résultats de ABB.
