"Mon Erasmus a été mitigé, mais j'ai appris des choses sur moi-même"

Emeline nous raconte ses bons et ses moins bons souvenirs d'Erasmus. Elle y a tout de même rencontré une Anglaise, avec qui elle a fini par kotter à Louvain-la-Neuve !

Jessica Flament
Emeline nous livre son témoignage de son Erasmus à Eghan, près de Londres.
Emeline nous livre son témoignage de son Erasmus à Eghan, près de Londres. ©dr

Emeline, 22 ans, suit actuellement une agrégation pour devenir professeure de langues. Avant cela, elle a fait un bachelier en langues et lettres modernes et un master en traduction. Elle a également eu l'occasion de faire deux Erasmus : un premier à Egham, près de Londres (Royaume-Uni), un deuxième à Forlì (Italie).

"Puisque j'étudiais l'anglais et l'italien, je suis à chaque fois partie dans le but d'améliorer mon niveau en langues. Au final, quand je suis partie à Egham, je n'ai pas amélioré tant que ça mon niveau d'anglais. C'était le Covid, et c'était assez compliqué de nouer des liens avec les locaux. Avec les masques, c'était aussi difficile de communiquer. Je suis aussi quelqu'un qui a du mal à aller vers les autres."

Même si son expérience de l'Erasmus n'a pas été à 100% positive, Emeline a tenu à retenter l'expérience deux ans plus tard. Mais là aussi l'expérience a été mitigée. "J'ai souvent eu envie de rentrer chez moi. Mais, à chaque fois, je me suis dit que j'avais la chance de le faire et que je devais en profiter à fond. Je pense que l'Erasmus, ce n'est pas pour moi, mais je suis très contente d'avoir testé. J'ai appris plein de choses sur moi-même."

Qu'est-ce qui l'a marquée lors de son Erasmus à Egham?

L'une des choses qui lui a plu lors de son Erasmus à Egham, c'est la proximité avec les professeurs. "En Belgique, quand on écrit un mail à un professeur, on a tendance à utiliser des phrases très pompeuses. En anglais, c'est également poli mais beaucoup moins formel. Je trouve ça plus spontané et plus humain. On a l'impression de parler à une vraie personne et pas à quelqu'un qui est hiérarchiquement supérieur."

Par contre, elle n'a pas forcément apprécié la façon de donner cours. "Dans l'unif où j'étais, on devait beaucoup lire en dehors des cours. Les cours servaient de discussion entre les étudiants et le professeur. J'avais parfois l'impression de ne pas apprendre grand chose. J'avais aussi beaucoup de dissertations à rendre. Je suis contente d'avoir vu une autre façon de donner cours mais, personnellement, je préfère ce qui se fait en Belgique."

Une autre chose qui l'a marquée, c'est la nourriture. "Quand je faisais mes courses, j'étais toujours amusée de voir que, là-bas, le fait que le chocolat vienne de Belgique est un vrai argument marketing. Sur les boites de cookies par exemple, je voyais souvent 'chocolat belge'. Je n'ai pas mal mangé pendant que j'étais là-bas, mais je n'ai jamais réussi à trouver du bon pain. Il n'y avait que des trucs hyper industriels. J'ai été contente de regoûter à du vrai pain quand je suis rentrée chez moi."

Quelle anecdote marquante lors de son Erasmus à Egham?

"Lors de mon Erasmus, je me suis sentie fort seule. Le Covid n'a pas aidé. Je suis quelqu'un qui a du mal à aller vers les autres. Je n'aime pas non plus aller en soirée. Je n'avais pas envie de me forcer donc j'ai eu du mal à m'intégrer. L'université organisait très peu d'activités à ce moment-là, donc c'était dur de se lier aux autres. Heureusement, j'ai quand même pu me faire des amis ! J'ai rencontré Ingrid, une Française de l'île de la Réunion lors des deux semaines de confinement obligatoire que je devais faire lors de mon entrée sur le territoire. On a énormément sympathisé. J'ai aussi fait la connaissance de Rebecca, une Anglaise que j'ai rencontrée via un système de tandems mis en place par l'université. Des années plus tard, elle est venue faire son Erasmus en Belgique donc on a kotté à deux à Louvain-la-Neuve pendant plusieurs mois."

Quels conseils pour un Erasmus à Egham?

"On a souvent tendance à voir des témoignages ultra positifs de l'Erasmus, et c'est vrai que c'est une expérience incroyable. Mais je voulais aussi dire que c'était normal de se sentir mal parfois, et que ce n'était pas grave de ne pas aimer l'expérience. Personnellement, j'en garde de bons souvenirs mais aussi de moins bons. J'en ai appris beaucoup sur moi-même, sur ce que j'aimais et n'aimais pas."


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