Syrie: de nouveaux dirigeants, l'opposition perd son Premier ministre
Le président syrien Bachar al Assad a écarté lundi tous les dirigeants de son parti, le Baas, tandis que l'opposition, en situation critique à Homs, a décidé de se séparer de son éphémère Premier ministre.
- Publié le 09-07-2013 à 06h29
- Mis à jour le 12-07-2013 à 06h18

Leprésident syrien Bachar al Assad a écarté lundi tous les dirigeants de sonparti, le Baas, dont le vice-président critique Farouk al-Chareh, tandis quel'opposition, en situation critique à Homs, a décidé de se séparer de sonéphémère Premier ministre.
"Lesmembres du commandement national ont été renouvelés", affirme le parti surson site, donnant les noms des 16 membres de la nouvelle direction, dont Bacharal-Assad. En revanche, le comité central a écarté le vétéran Farouk al-Chareh,très hostile à l'égard de la politique du chef de l'Etat.
LePremier ministre syrien Waël al-Halaqi ainsi que le président du ParlementJihad Lahham ont fait leur entrée dans ce commandement du parti.
Faroukal-Chareh, qui s'était prononcé fin 2012 pour une solution négociée de la criseen Syrie, reste vice-président. Il détient ce poste depuis 2006 après avoir étépendant 22 ans le chef de la diplomatie syrienne. Il avait été évoqué pourremplacer Bachar al-Assad en cas de transition négociée.
"Cecoup de balai s'explique par les nombreuses critiques venues de la base duparti Baas sur les mauvais résultats de la direction avant et durant" leconflit, a affirmé Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour lesétudes stratégiques.
"Elleavait de mauvais résultats et un discours trop rigide. Ce changement completmontre le niveau de mécontentement", a-t-il ajouté.
LeBaas, au pouvoir en Syrie depuis le 8 mars 1963, n'est plus officiellementdepuis 2012 le parti qui "dirige la société", mais il reste de faitla formation la plus influente du pays.
Ils'agit du premier renouvellement de sa direction depuis 2005. A l'époque, laplupart des vétérans avait quitté le commandement, qui comptait 14 membres.
Dansle même temps, le Premier ministre rebelle syrien Ghassan Hitto a annoncé lundiqu'il démissionnait, sans avoir pu former de gouvernement d'opposition, près dequatre mois après sa nomination lors d'une réunion à Istanbul.
"Jene continue pas dans ma tâche de Premier ministre chargé de former ungouvernement intérimaire. Je vais continuer à travailler dans l'intérêt de larévolution pour qu'elle mène à bien tous ses objectifs par tous les moyenspossibles", a-t-il indiqué.
Dansun communiqué, la Coalition nationale de l'opposition syrienne, principaleformation de l'opposition, a accepté la démission de Ghassan Hitto et annoncéqu'elle recevrait "les candidatures pour le poste de Premier ministre dansun délai de dix jours".
Ladémission de M. Hitto intervient deux jours après la nomination de l'opposantde longue date Ahmad Assi Jarba à la tête de Coalition.
M.Jarba est considéré comme proche de l'Arabie saoudite, qui s'était opposée à lacandidature de M. Hitto, soutenu par le Qatar, lors des laborieux débatsprécédant sa nomination en mars.
Cettedémission survient à la veille du Ramadan, et à un moment critique pour lesrebelles.
Lestroupes syriennes ont gagné du terrain dans le centre de Homs, sous une pluied'obus au dixième jour de leur offensive pour prendre le contrôle du derniercarré de la ville encore aux mains des insurgés, selon une ONG et desmilitants.
Homs,ville symbolique pour la rébellion, est également stratégique car elle contrôleles principales routes d'approvisionnement entre le nord et le sud du pays.
Akrama,un quartier de Homs tenu par le régime, a lui été touché par un attentatsuicide à la voiture piégée faisant cinq morts, selon l'Observatoire syrien desdroits de l'Homme (OSDH). Le quartier d'Akrama est à majorité alaouite,communauté dont est issue Bachar al-Assad.
Lesforces du régime ont pénétré dans plusieurs secteurs de Khaldiyé, quartier ducentre de Homs "après de violents bombardements et en utilisant latactique de la terre brûlée", selon Abou Hilal, un militant anti-régimerésidant dans la Vieille ville aux mains des rebelles, joint par l'AFPvia Skype.
Pouréviter de perdre trop d'hommes, l'armée détruit systématiquement les immeublesà l'artillerie, obligeant les rebelles à reculer.
PourAbou Hilal, l'armée contrôle 30% du quartier alors que le quotidien al-Watan,proche du pouvoir, citant des sources militaires, assure qu'elle est désormaisprésente dans "la plus grande partie du quartier".
Lesecrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a invité lundi les deux camps en Syrieà observer une trêve pour le mois sacré du Ramadan. Dans un long message, ilappelle "toutes les parties en Syrie à respecter cette obligationreligieuse pour un mois au minimum".
