Deux ans de gaffes, maladresses et erreurs de casting pour François Hollande
Chaque président de la République a vu son nom associé à un qualificatif lié à sa personnalité. Quel attribut va rester collé aux basques de François Hollande ? Cela risque bien d'être celui de "gaffeur"... Retour sur quelques faits marquant de ces deux premières années de mandat.
- Publié le 06-05-2014 à 13h50
- Mis à jour le 06-05-2014 à 14h34

Chaque président de la République a vu son nom associé à un qualificatif lié à sa personnalité. Pour François Mitterrand, c'était le caractère énigmatique, Jacques Chirac le séducteur et Nicolas Sarkozy le fonceur. Mais quel attribut va rester collé aux basques de François Hollande ? Cela risque bien d'être celui de "gaffeur"... Car en deux ans de mandat, le locataire de l'Elysée a accumulé bourdes, maladresses et erreurs de casting. Et certains de ces errements ont directement été sanctionnés par la population. Retour sur quelques faits marquants de ces deux années.
Dès le 6 mai 2012, jour de second tour face à Nicolas Sarkozy, François Hollande traîne dans son fief de Tulle en attendant les résultats. Or, dans le même temps, ses sympathisants l'attendent à Paris pour célébrer la victoire. Les deux villes étant distantes de plus de 400 kilomètres, le socialiste décide de rejoindre la capitale à bord d'un avion privé. Un choix qui tranche avec la "présidence modeste" que l'homme à la rose avait prônée durant la campagne. Les militants de l'UMP n'en demandent pas tant et fustigent le futur chef de l'Etat sur les réseaux sociaux. Les premières critiques fusent donc à peine deux heures après l'annonce de la victoire à la présidentielle...
Une dizaine de jours plus tard, comme pour le prévenir des mois chaotiques qui l'attendraient, le ciel déverse sa colère sous forme de torrents de pluie lors du bain de foule d'investiture. Comme s'il souhaite montrer qu'il fera face contre vents et marrées, le fraîchement élu président remonte, dégoulinant, les Champs-Elysées en saluant la foule depuis le toit ouvrant de son véhicule.
Le lendemain, le 16 mai, le Français est reçu par Angela Merkel pour une visite d'Etat. Sur un beau revêtement rouge, il fait montre aux Européens, qui ne le connaîtraient pas encore, de sa capacité à "se prendre les pieds dans le tapis". La chancelière doit le bousculer légèrement puis le tirer par la manche pour lui indiquer la marche à suivre. Rien de bien grave...
Suivent rapidement les législatives de juin. Contre toute attente, la première dame de l'époque, Valérie Trierweiler, apporte son soutien à l'opposant de Ségolène Royal, ex-femme de François Hollande, qui est pourtant en difficulté à la Rochelle lors du second tour. Valérie Trierweiler stipule, via Twitter, qu'elle défend Olivier Falorni, "qui n'a pas démérité et qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé". Une question se pose alors : le président parviendra-t-il à gérer les affaires publiques s'il ne peut même pas contenir son plus proche entourage ?
Durant la période de vacances qui suit, François Hollande doit faire face à des critiques bien plus acerbes lorsque tombe l'annonce de la fermeture de l'usine PSA Peugeot Citroën à Aulnay. Au même moment, la courbe du chômage, que l'alors candidat socialiste avait promis d'inverser, continue de se creuser. Le mécontentement est palpable. D'autant plus lorsque le président s'affiche au bras de sa douce, Valérie Trierweiler, sur les plages de Brégançon lors de vacances. Une impression d'inaction, d'amateurisme s'installe en pleine période de crise.
En septembre, François Hollande se rend ensuite à Londres, où se tiennent les Jeux paralympiques. Il y félicite Assia El Hannouni, athlète française mal-voyante ayant remporté la course du 400 mètres. Le chef de l'Etat manque de tact en annonçant, avec un large sourire, qu'il a tenté de faire signe à la coureuse au moment où elle accomplissait le tour du stade... A nouveau, rien de bien grave. Ces accrocs renforcent même peut-être le capital sympathie du "président normal", comme il aime se présenter.
Par contre, en cette fin d'année 2012, François Hollande est contraint d'encaisser une affaire drôlement plus problématique : celle qui concerne Jérôme Cahuzac. Accusé d'avoir possédé des fonds non déclarés sur des comptes en Suisse et à Singapour, le ministre du Budget nie. Quelques mois plus tard, il est contraint de démissionner avant d'avouer les faits. Tout le gouvernement socialiste en sort fragilisé.
Toujours en cette fin 2012, le président subit un autre camouflet : sa si populaire taxe à 75%, promise en pleine campagne, est annulée par le Conseil constitutionnel car elle ne prend pas en compte la composition du foyer. Elle sera finalement validée l'année suivante mais n'a, jusqu'à présent, pas fait preuve de son utilité dans la pratique.
Les mois de juin et juillet 2013 sont bercés par des impairs sur la scène internationale. Tout d'abord à Tokyo, où le président français revient sur une tragédie survenue sur un site gazier en Algérie, où dix Japonais ont trouvé la mort. Le socialiste rappelle qu'il a présenté ses condoléances au peuple... chinois ! Ensuite, lors d'un déplacement à Tunis, alors qu'il s'exprime sur la situation en Egypte, le Corrézien estime que son pays a pris acte de la situation en... Tunisie. Finalement, il conclut son tour de bourdes géographique de ce début d'été 2013 à Ljubljana, en évoquant la "Macédonie" plutôt que la Macédoine...
Ensuite survient le dossier où la cacophonie a régné en maître au sein du gouvernement, différents ministres prenant des positions opposées sur le dossier particulier de Leonarda. La famille de cette jeune Rom est renvoyée vers le Kosovo mais l'adolescente tient tête au chef de l'Etat qui infléchit la position de son gouvernement. L'autorité est atteinte. Les tergiversations du pouvoir sont vivement critiquées. A ce moment-là, la cote de popularité du président chute à 21% d'opinions favorables.
Peu de temps après, François Hollande se fait à nouveau remarquer par une bourde, se félicitant que Manuel Valls, son ministre de l'Intérieur, soit rentré "sain et sauf" d'un voyage en Algérie. Et de poursuivre : "C'est déjà beaucoup". Des propos qui ont évidemment choqué dans ce pays du Maghreb. Suivront de "sincères regrets".
Plus récemment, en mars, le locataire de l'Elysée s'attire également les foudres du père d'un militaire tué par Mohamed Merah à Montauban. Dans une lettre ouverte écrite au président de la République, Albert Chennouf-Meyer stipule que son fils Abdel n'est pas musulman, comme François Hollande l'a indiqué lors d'un dîner, mais catholique. L'homme évoque l'"inculture" et le "mépris" du président.
Finalement, il y a une quinzaine de jours, François Hollande perd son conseiller politique suite à des accusations de conflit d'intérêt et de train de vie somptuaire. Aquilino Morelle est contraint de faire un pas de côté après avoir été accusé d'avoir touché, en 2007, 12.500 euros pour une activité de conseil auprès d'un laboratoire danois alors qu'il travaillait au sein d'un organisme interministériel chargé notamment de contrôler l'industrie pharmaceutique. Son train de vie poserait aussi problème puisque, à titre d'exemple, l'homme posséderait 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure. Une affaire qui survient au moment où l'exécutif socialiste annonce des mesures de rigueur pour redresser les finances publiques du pays...
Sur le plan politique, tels sont les principaux faits qui ont propulsé François Hollande dans les abîmes des sondages. Et puis, il y a les affaires de coeur du président, qui ont également agité ces deux courtes années. Ségolène Royal, Valérie Trierweiler et Julie Gayet occuperont à jamais une place particulière dans l'histoire de la Cinquième République...
