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Législatives : pourquoi les Français se tournent-ils vers l'extrême droite ? "Le RN est devenu le porte-drapeau de la vulnérabilité"

Tenter d'expliquer l'inexplicable… Au lendemain du premier tour des élections législatives anticipées – qui a vu l'extrême droite triompher (avec 33,4 % des voix), les gauches arriver en deuxième position (27.98 %) et la macronie s'effacer (20,76 %) -, l'heure est pour de nombreux Français à la gueule de bois démocratique et à la recherche d'explications.

Supporters fly french flags as former president of the French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary group Marine Le Pen gives a speech during the results evening of the first round of the parliamentary elections in Henin-Beaumont, northern France, on June 30, 2024. A divided France is voting in high-stakes parliamentary elections that could see the anti-immigrant and eurosceptic party of Marine Le Pen sweep to power in a historic first. The candidates formally ended their frantic campaigns at midnight June 28, with political activity banned until the first round of voting. (Photo by FRANCOIS LO PRESTI / AFP)
Le RN a réussi à conserver la majeure partie du vote des classes populaires, tout en conquérant les classes moyennes et en séduisant une partie des retraités. ©AFP or licensors

Pourquoi le Rassemblement National, parti populiste et misogyne, arrive-t-il en tête chez les gens aisés et les femmes ? Comment le Nouveau Front Populaire, dominé par son aile radicale, peut-il séduire l'essentiel des électeurs jeunes et diplômés ? Comment la commune de Paris a-t-elle de son côté résisté à la vague nationaliste ?

Le tour de passe-passe du RN

Commençons par disséquer le vote en faveur de l'extrême droite, d'une ampleur inédite, terrifiante aux yeux de certains. D'abord, comme l'explique l'enquête Ipsos Talan réalisée pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat, le score historique du RN s'explique par un électorat "diversifié et élargi". Non seulement ses soutiens traditionnels (ouvriers, employés…) se sont fortement mobilisés, mais il séduit désormais des gens qui lui étaient jusque-là assez hostiles comme les retraités (avec 31 % des suffrages, contre 12 % aux législatives de 2002), les femmes et les plus aisés (32 % des sondés ayant un revenu supérieur à 3 000 euros disent avoir voté pour le RN, loin devant la gauche et Ensemble). Il progresse également fortement chez les moins de 35 ans, les cadres, les plus diplômés et dans les grandes villes.

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