À Davos, Donald Trump exclut le recours à la force contre le Groenland, qu'il veut pourtant acquérir
Dans un discours de quelque 80 minutes, le président américain a réclamé "l'ouverture immédiate de négociations" avec le Danemark.

- Publié le 21-01-2026 à 17h29

Du discours de quelque 80 minutes que Donald Trump a prononcé mercredi, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos (Suisse), on ne retiendra sans doute qu'une chose : l'engagement à ne pas recourir à la force contre le Groenland. Le président américain n'en a pas moins réitéré sa volonté d'acquérir le territoire danois et a réclamé "l'ouverture immédiate de négociations" pour y parvenir.
Donnant à entendre que c'était la rétribution légitime des États-Unis pour tout ce qu'ils ont fait pour le Danemark, l'Europe et le monde, Donald Trump a déclaré que tout ce qu'il demandait, c'était ce "petit morceau de glace, mal situé". "Vous pouvez répondre oui et nous serons très reconnaissants", a-t-il dit, menaçant. "Ou vous pouvez dire non et nous nous en souviendrons."
Le Président a répété l'argumentaire qu'il a plus d'une fois avancé pour se justifier, y ajoutant le fait que les États-Unis étaient déjà en possession du territoire pendant la Seconde Guerre mondiale, mais l'avaient restitué ensuite, "sans doute à tort". L'armée américaine avait investi l'île pour en détourner les nazis, alors que le Danemark était occupé. Cet épisode a mené aux accords ultérieurs qui ont permis la présence de bases américaines au Groenland.
Donald Trump ne s'est pas privé de railler l'incapacité supposée des Danois à défendre l'île en rappelant qu'ils n'avaient résisté que quelques heures aux troupes allemandes en 1940 – ce qui est exact. Donald Trump s'est délecté d'une humiliation supplémentaire à l'adresse des Européens, assurant que, sans les Américains, ils parleraient tous l'allemand aujourd'hui, "et peut-être un peu le japonais aussi".
Un discours de campagne électorale
Dans un discours décousu, qui a ressemblé à une hara
ngue électorale, le Président a dressé sans surprise un bilan dithyrambique de ses douze premiers mois à la Maison-Blanche (mais aussi de son premier mandat), invoquant comme à son habitude les performances de la Bourse. Il a éreinté comme il se doit "Sleepy Joe", cet "horrible président" qui a tout fait de travers, mais a aussi ciblé la députée "gauchiste" Ilhan Omar, qui "vient d'un pays qui n'en est pas un" (la Somalie) et qui est surtout l'élue d'un État, le Minnesota, où la lutte brutale contre l'immigration illégale suscite de violentes manifestations depuis qu'une militante a été tuée par la police dans des circonstances controversées.
Tout en professant son "plus grand respect" pour les peuples européens et même, a-t-il concédé, pour leurs dirigeants (quoiqu'il se soit copieusement moqué d'Emmanuel Macron, de sa faiblesse et de… ses lunettes de soleil), Donald Trump a répété le mantra cher notamment à son vice-président, J.-D. Vance, à savoir que l'Europe est "méconnaissable" et "va dans la mauvaise direction". À cause de "l'immigration de masse", mais aussi de sa passion "stupide" pour les énergies vertes.