Après la Chine, Poutine réagit lui aussi à la mort d'Henry Kissinger

L'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger s'est éteint mercredi.

This pool photograph distributed by Russian state agency Sputnik shows Russia's President Vladimir Putin meeting with young scientists at the Sirius Park of Science and Art in the southern Krasnodar region on November 29, 2023. (Photo by Mikhail Klimentyev / POOL / AFP)
This pool photograph distributed by Russian state agency Sputnik shows Russia's President Vladimir Putin meeting with young scientists at the Sirius Park of Science and Art in the southern Krasnodar region on November 29, 2023. (Photo by Mikhail Klimentyev / POOL / AFP)

Henry Kissinger, grande figure controversée de la diplomatie américaine et secrétaire d'Etat sous Richard Nixon et Gerald Ford, est mort mercredi à l'âge de 100 ans. Les réactions internationales n'ont pas tardé.

La réaction Russe

Le président russe Vladimir Poutine a ainsi salué la mémoire d'un "homme d'Etat sage et visionnaire". "Le nom d'Henry Kissinger est étroitement lié à une politique pragmatique qui a permis à aboutir à une détente des tensions internationales et à des accords très importants américano-soviétiques ayant contribué au renforcement de la sécurité mondiale", a rappelé M. Poutine, selon un communiqué du Kremlin, dans un message de condoléances adressé à l'épouse de l'ancien diplomate.

La Chine émue par la disparition de son "vieil ami" Kissinger

Le ministère des Affaires étrangères chinois a salué les "contributions historiques" d'Henry Kissinger aux relations entre la Chine et les Etats-Unis, qualifiant l'homme de "vieil et bon ami du peuple chinois".

M. Kissinger a "longuement soutenu le développement des relations Chine-Etats-Unis, se rendant en Chine plus d'une centaine de fois et apportant des contributions historiques pour promouvoir la normalisation" des liens entre les deux pays, a déclaré le porte-parole du ministère Wang Wenbin.

"Au cours de sa vie, le Dr. Kissinger a attaché une grande importance aux relations entre la Chine et les Etats-Unis et pensait qu'elles étaient vitales pour la paix et la prospérité des deux pays ainsi que du monde", a ajouté M. Wang.

Henry Kissinger, l'homme qui changea le cours de l'Histoire, est décédé

Le président chinois Xi Jinping, qui avait rencontré le grand diplomate à Pékin en juillet, a envoyé ses condoléances à son homologue américain Joe Biden, selon M. Wang.

Le Premier ministre Li Qiang et le ministre des Affaires étrangères Wang Yi ont eux aussi adressé des messages de condoléances, toujours d'après Wang Wenbin.

"La Chine et les Etats-Unis devraient hériter de la vision stratégique, du courage politique et de la sagesse diplomatique du Dr. Kissinger et les faire avancer", a encore dit M. Wang.

Les deux pays devraient ainsi "adhérer au respect mutuel, à la coexistence pacifique et à la coopération gagnant-gagnant", a souligné le porte-parole, plaidant pour le "consensus".

Macron salue "un géant de l'Histoire"

Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à Henry Kissinger, saluant "un géant de l'Histoire" dans un message sur le réseau social X. "Son siècle d'idées et de diplomatie a eu une influence durable sur son époque et sur notre monde", a estimé le chef de l'État.

"Le monde perd un grand diplomate", selon Scholz

Le chancelier Olaf Scholz a salué jeudi l'engagement significatif d'Henry Kissinger en faveur de l'amitié entre l'Allemagne et les Etats-Unis, estimant que le monde perdait "un grand diplomate".

Henry Kissinger, qui avait avait fui l'Allemagne nazie pour s'installer avec sa famille aux Etats-Unis, "est toujours resté attaché à son pays natal", a ajouté le chancelier allemand sur son compte X (ex-twitter), après l'annonce du décès de cette grande figure de la diplomatie américaine à l'âge de 100 ans.

Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron a estimé lui que le monde perdait un "grand homme d'Etat". "Même à 100 ans, sa sagesse et sa réflexion brillaient. C'était un grand homme d'État et un diplomate profondément respecté qui sera très regretté sur la scène internationale", a-t-il salué sur X (ex-Twitter).

L'Ukraine salue l'"héritage" de Kissinger mais pointe un diplomate "controversé"

L'"héritage intellectuel" de l'ancien diplomate américain Henry Kissinger "continuera d'influencer" la "diplomatie et l'ordre mondial" même après son décès à l'âge de 100 ans, a déclaré pour sa part le ministre ukrainien des Affaires étrangères. "Son héritage intellectuel continuera d'influencer la compréhension de la diplomatie et de l'ordre mondial", a déclaré le ministre Dmytro Kouleba sur X (ex-Twitter).

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak s'est déclaré lui "attristé". "C'était un personnage controversé mais indéniablement exceptionnel. Nous nous souviendrons de son leadership et de son engagement en faveur de la coopération internationale", a ajouté M. Iermak.

M. Kissinger, chantre de la realpolitik, était longuement opposé à l'adhésion de Kiev à l'Otan et suggérait notamment d'accepter l'annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie, ce qui est inacceptable pour Kiev.

En janvier dernier, presque un an après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, il a cependant fini par soutenir l'adhésion de Kiev à l'Alliance atlantique.

"Avant cette guerre, j'étais opposé à ce que l'Ukraine devienne membre de l'Otan parce que je craignais que cela ne provoque exactement le processus qu'on voit maintenant", a-t-il alors déclaré. "Mais maintenant que ce processus a atteint ce niveau, une Ukraine neutre dans ces conditions n'aurait plus de sens", avait-il souligné, ajoutant qu'une "adhésion de l'Ukraine à l'Otan serait une issue appropriée" une fois le conflit résolu.

L'Amérique a perdu l'une de ses voix "les plus écoutées en politique étrangère"

L'ancien président américain George W. Bush a salué mercredi la mémoire de l'ex-secrétaire d'Etat Henry Kissinger, l'Amérique ayant selon lui perdu "l'une de ses voix les plus sûres et les plus écoutées en politique étrangère".

Le fait qu'un tel homme, réfugié de l'Allemagne nazie, ait pu devenir chef de la diplomatie américaine "raconte tant sa grandeur que la grandeur de l'Amérique", a ajouté le républicain dans un communiqué.

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