Donald Trump est en train "d'ouvrir la boîte de Pandore": "Nous pourrions tous le regretter"
Le président américain veut s'attaquer aux "extrémistes de gauche", qu'il juge responsables de la mort de Charlie Kirk. Et pour ça, il est prêt à prendre des mesures drastiques qui laissent craindre le pire en termes de liberté d'expression.

- Publié le 17-09-2025 à 14h45
- Mis à jour le 18-09-2025 à 14h01

Une semaine après la mort de Charlie Kirk, la colère du président ne semble pas retomber. "La vengeance est un plat qui se mange froid", dit le dicton. Mais pas pour Donald Trump. Le locataire de la Maison-Blanche a lancé une véritable chasse aux sorcières après la fusillade qui a coûté la vie à l'influenceur conservateur, érigé au rang de martyr par son administration.
Dans la ligne de mire du républicain ? La gauche "radicale", qu'il a vivement attaquée dans une prise de parole en direct du Bureau Ovale. "Pendant des années, la gauche radicale a comparé de merveilleux Américains, comme Charlie, aux nazis et aux pires meurtriers et criminels de masse du monde", a-t-il fustigé. "Ce genre de discours est directement responsable du terrorisme que nous observons aujourd'hui dans notre pays."
Et depuis lors, Donald Trump a joint la parole aux actes. Surfant sur la mort de son "ami", il élabore un décret avec ses conseillers visant à lutter contre la violence politique et les discours de haine, rapporte le New York Times. Un haut responsable a même affirmé au quotidien américain que le texte pourrait être publié dès cette semaine. Voulant réprimer ce qu'elle qualifie de "terrorisme intérieur" de gauche, la Maison-Blanche envisagerait des mesures drastiques. Ainsi, l'administration pourrait cibler les statuts d'exonération fiscale des ONG critiquant le président. Il est également question de refuser des visas aux personnes ayant célébré la mort de Charlie Kirk.
Un changement de ton qui inquiète (et pas seulement la gauche)
Confirmant les craintes de nombreux Américains, le vice-président J.D. Vance a durci le ton dans le podcast du défunt influenceur conservateur. Dans l'émission enregistrée depuis la Maison-Blanche, l'homme a rendu un hommage lourd de sens à Kirk, entouré de proches conseillers du président et de personnalités de la sphère MAGA. Avec des attaques à répétition contre "l'extrémisme de gauche", qu'il juge responsable de tous les maux de son pays. Se permettant de prendre pas mal de libertés avec la réalité. Le vice-président a été jusqu'à appeler ses concitoyens à dénoncer ceux qui se réjouissaient de la mort de Charlie Kirk.
Stephen Miller, l'homme qui murmure à l'oreille de Donald Trump sur les questions de sécurité, a donné le coup final : "Nous allons diriger toute la colère que nous ressentons contre la campagne organisée qui a débouché sur cet assassinat, pour déraciner et démanteler ces réseaux terroristes", a-t-il annoncé dans le podcast, en ciblant les organisations politiques de gauche.
Si ce changement de ton inquiète à gauche, il ne réjouit pas non plus tout le monde à droite. Certains craignent ainsi de voir ces dispositifs être utilisés à leurs dépens une fois les démocrates au pouvoir. Interrogé par le New York Times, Scott Walter, président du groupe de surveillance conservateur Capital Research Center, a ainsi estimé que Donald Trump "ouvrait la boîte de Pandore". "Nous pourrions tous le regretter", a-t-il ajouté.
Pourtant, les motivations de Tyler Robinson restent à déterminer
Mais si l'administration Trump blâme la gauche radicale pour la mort de Charlie Kirk, c'est à la justice de trancher à présent des motivations de Tyler Robinson, le principal suspect. Il a comparu mardi pour la première fois, quelques heures après avoir été formellement inculpé par les autorités de l'Utah, qui ont requis la peine capitale contre lui. Dans une lettre lue par le procureur, le jeune homme de 22 ans expliquait en avoir "assez de la haine" de Charlie Kirk. "Il y a une haine avec laquelle on ne peut pas faire de compromis", écrivait-il encore.
Le procureur a précisé que l'accusé s'était rapproché de positions plus à gauche, favorables aux droits des personnes LGBT et transgenres. Il a notamment évoqué sa relation avec son colocataire, une personne "biologiquement masculine qui était en train de changer de genre", avant d'expliquer qu'il avait été élevé dans une famille conservatrice.
