La présidente mexicaine déclarée persona non grata au Pérou
La crise s'envenime entre les deux pays après l'exil accordé par Mexico à l'ex-Première ministre péruvienne.

- Publié le 07-11-2025 à 20h47

Le Parlement péruvien a déclaré, jeudi 6 novembre, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, persona non grata pour son" ingérence inacceptable dans les affaires internes" du pays, trois jours après la rupture des relations diplomatique entre Lima et Mexico.
Selon la motion présentée par des partis de la droite péruvienne, la dirigeante mexicaine a adopté une attitude hostile envers le Pérou depuis son arrivée au pouvoir, d'après un communiqué du Parlement. Le texte a été approuvé par 63 voix, contre 33.
Cette dernière poussée de fièvre entre les deux pays trouve ses origines dans l'asile accordé par le Mexique à l'ancienne Première ministre Betssy Chavez, poursuivie pour le coup d'État manqué de décembre 2022 de l'ex-président Pedro Castillo. Depuis lundi, l'ancienne responsable politique est réfugiée dans la résidence de l'ambassade du Mexique à Lima.
Ce n'est pas la première fois que le torchon brûle entre les deux pays pour une question d'asile accordé à un responsable politique péruvien déchu ou à un membre de sa famille.
En effet les relations entre le Pérou et le Mexique ont commencé à se détériorer après la destitution de l'ancien président de la République Pedro Castillo, en décembre 2022, lorsque le chef de l'État mexicain de l'époque, Andres Manuel Lopez Obrador, avait accordé l'asile à son épouse et à ses enfants.
Mexico se défend
Le gouvernement mexicain a défendu l'asile accordé à Betssy Chavez comme un acte "conforme au droit international", affirmant qu'il ne constituait "en aucun cas" une ingérence dans les affaires internes du Pérou.
Betssy Chavez est jugée aux côtés de Pedro Castillo depuis mars 2025 pour le délit présumé de rébellion. Le parquet réclame 25 ans de prison contre elle pour avoir participé, en tant qu'ancienne Première ministre, à la tentative désespérée de Pedro Castillo pour tenter de conserver le pouvoir. Elle comparaissait libre, tandis que Pedro Castillo est en détention préventive depuis décembre 2022.
Le 7 décembre 2022, ce dernier avait lu un message télévisé annonçant sa décision de dissoudre le Parlement et de convoquer une Assemblée constituante. Ce jour-là, il devait être soumis à une motion de destitution pour des accusations présumées de corruption.