Donald Trump dans la tourmente : "Il a donné la pire réponse possible. C'est catastrophique"
Le mécontentement grandit aux Etats-Unis concernant la politique économique de Donald Trump. Et la réponse du président américain aux préoccupations de ses concitoyens n'a pas convaincu.

- Publié le 12-11-2025 à 15h26
- Mis à jour le 13-11-2025 à 10h50

Les chiffres ne mentent pas. Donald Trump est confronté à un problème de taille: ce qui a longtemps été décrit comme son meilleur atout, à savoir sa gestion économique, est en train de devenir sa plus grande faiblesse. Si la tendance n'est pas récente, elle a atteint cette semaine une envergure inédite. Jamais le président américain n'a connu de tels sondages en termes d'économie. Lui qui était dépeint comme un fin gestionnaire voit la confiance des Américains en sa politique économique chuter au point de flirter avec le mécontentement qu'a rencontré Joe Biden durant son mandat.
Selon un récent sondage de NBC News, 66% des Américains ont accusé Donald Trump de ne pas avoir tenu ses promesses quant à l'inflation et au coût de la vie. 63% des personnes interrogées ne sont, pour leur part, pas satisfaites de sa politique économique.
Les résultats d'un sondage CNN réalisé fin octobre sont tout aussi alarmants pour le locataire de la Maison-Blanche : 61 % des Américains y estiment que les politiques de Trump ont "aggravé la situation économique du pays". "Ce chiffre plafonnait à 58 % sous Biden, et se situait généralement entre 50 et 55 %", rappelle le média.
Même dans le camp de Donald Trump, l'on s'inquiète de la politique du président
Et cette inquiétude grandissante de la population vis-à-vis des choix économiques de Trump coûte cher, tant au président qu'à son parti. Plusieurs voix du camp républicain, comme Marjorie Taylor Greene, ont ainsi directement corrélé la victoire écrasante des démocrates dans plusieurs Etats à la situation économique du pays.
D'autres proches de Trump ont emboîté le pas: "Les gens pensent qu'il n'a pas tenu ses promesses", a déclaré un allié de la Maison-Blanche, sous couvert d'anonymat, à Politico. "Il a gagné (la présidentielle, ndlr.) en promettant de baisser les coûts et de redonner du pouvoir d'achat aux citoyens. Or, les gens ne le ressentent pas actuellement."
Mais le principal intéressé a - bien entendu - balayé d'un revers de la main ces critiques. "L'absence de Trump sur les bulletins de vote et le shutdown sont les deux raisons pour lesquelles les républicains ont perdu les élections", a réagi le président sur son réseau Truth Social.

"La pire réponse qu'il pouvait donner"
Lors d'une interview sur Fox News ce lundi, il a été encore plus loin en niant tout mécontentement de la population vis-à-vis de sa gestion du pays. Selon le locataire de la Maison-Blanche, déjà les sondages "sont truqués". Mais en plus, ces préoccupations des Américains relèveraient d'un "complot orchestré par les démocrates".
Cette rhétorique du président n'a pas manqué de surprendre les observateurs politiques. "C'est en quelque sorte la pire réponse qu'il pouvait donner, c'est catastrophique: il prétend que les préoccupations économiques des Américains sont une arnaque et que personne ne ressent ce que la population ressent massivement", a fustigé auprès de Politico Jesse Lee, qui a été conseiller principal en communication au sein du Conseil économique national de Biden.
L'administration Trump prend des mesures
Dans la foulée, le leader républicain a toutefois annoncé une série de mesures visant à alléger la pression sur le budget des ménages. Il a ainsi suggéré d'utiliser les revenus de ses fameux droits de douane pour l'exonération d'impôts sur les pourboires, les heures supplémentaires, la sécurité sociale, ou encore la déductibilité des prêts automobiles. Il a également évoqué un possible envoi d'argent aux Américains pour les aider à souscrire une assurance maladie.
Si le timing laisse penser que ces annonces font suite à la débâcle républicaine et aux mauvais sondages, les équipes de Donald Trump le contestent formellement. "Il ne s'agit pas d'une réunion improvisée un mercredi matin après l'élection, du genre : 'Il faut absolument qu'on s'y mette tout de suite'", a conclu un conseiller de la Maison-Blanche. "(...) Nous nous sommes toujours attachés à améliorer l'accessibilité financière."