Qui est Gregory Bovino, le chef de la police des frontières des États-Unis, qui félicite ses hommes et l'ICE après la mort d'Alex Pretti
Le chef de la police des frontières américaine, Gregory Bovino défend bec et ongles les actions de ses agents dans les opérations de l'ICE.

- Publié le 15-01-2026 à 16h49
- Mis à jour le 28-01-2026 à 19h15

Le commandant Gregory Bovino, chef des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, occupe un rôle de premier plan dans les opérations d'expulsion de l'ICE (Service de l'immigration et des douanes).
Si la plupart de ses hommes couvrent leur visage, Gregory Bovino ne manque jamais une occasion de laisser apparaître son large sourire lorsqu'il déambule dans les rues de Minneapolis ou de Chicago à la recherche d'" aliens" (terme historique mais actuellement controversé, utilisé dans la législation qui désigne "toute personne qui n'est ni citoyenne, ni ressortissante des États-Unis", NdlR). Un paradoxe pour ce petit-fils d'émigré italien arrivé aux États-Unis en 1909.

L'homme aime en outre soigner son image publique, particulièrement martiale. Sa rhétorique va de pair. Axée sur un message de fermeté intransigeante, elle fait appel à une forme extrême de patriotisme, qu'il met en scène sur les réseaux sociaux et qui se reflète également dans ses choix vestimentaires. Plusieurs médias et observateurs américains ont ainsi souligné une certaine ressemblance avec l'esthétique des officiers SS. "Greg Bovino s'est habillé comme s'il avait acheté des vêtements SS sur eBay", a notamment déclaré le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom.
Une inspiration dont l'intéressé se défend fermement. "Ils (les Démocrates) essaient de dépeindre les agents de la patrouille frontalière et les agents de l'ICE comme des membres de la Gestapo, des nazis, et bien d'autres choses encore", a-t-il répliqué sur CNN, présentant ses hommes dans une posture de victimes, affirmant que de telles assimilations contribuent à attiser la haine des manifestants.
Un rêve d'enfant
Sa vocation serait née après avoir vu le film "The Border" alors qu'il était encore enfant. Passionné, Gregory Bovino s'est plongé dans les récits d'anciens agents. "L'extrême violence à laquelle la patrouille frontalière était confrontée m'a vraiment impressionné. Waouh, ça doit être une organisation sacrément difficile, obligée d'opérer complètement seule, sans aucun soutien", a-t-il confié au New York Times.
Il a réalisé ce rêve en intégrant la police des frontières, opérant près de la ville d'El Centro, en Caroline du Sud, à deux pas du Mexique. Il sera ensuite également envoyé à Washington et au Honduras avant de revenir à El Centro en tant que chef de secteur en 2020.
Une approche agressive assumée
Déjà en place lors du premier mandat de Donald Trump, Gregory Bovino est un fervent adepte de l'approche musclée du président républicain. C'est d'ailleurs ce goût des méthodes "coups de poing" qui lui a permis de monter en grade pour occuper une place prépondérante dans la politique migratoire de l'Administration Trump.
N'hésitant pas à se mettre en scène, à l'instar d'autres membres de cette administration, il s'est par exemple illustré à Chicago, où il a lui-même lancé une grenade lacrymogène sur des manifestants antigouvernementaux. Cet incident — et les mensonges qui l'ont entouré — lui a d'ailleurs valu une réprimande de la part de la juge fédérale Sara Ellis.
Pourquoi la police des frontières intervient dans les opérations de l'ICE ?
La présence des troupes de Gregory Bovino dans les opérations de l'ICE soulève de nombreuses questions. En théorie, la police des frontières n'opère généralement que dans un rayon de 160 kilomètres autour de ces limites territoriales. Mais la police de l'immigration étant en manque d'effectifs, elle a sollicité l'aide des agents de Gregory Bovino sur le terrain. C'est ainsi qu'elle est présente depuis plusieurs semaines à Minneapolis, une ville dirigée par les Démocrates qui est la cible de la vindicte migratoire de Donald Trump depuis plusieurs semaines.
Gregory Bovino était présent le 7 janvier lors du meurtre de Renee Good et le 24 janvier lors du meurtre d'Alex Pretti. Il a tout de suite défendu l'action de ses agents, impliqués dans cette exécution sommaire, assurant qu'ils avaient "empêché toute fusillade contre les forces de l'ordre" et les félicitant de "l'avoir neutralisé avant qu'il ne puisse passer à l'acte". Une version démentie par de nombreux témoins et par les images prises au moment du drame qui montrent Alex Pretti tenant un téléphone et non une arme, comme l'affirme l'Administration fédérale.