A-t-on la preuve que Donald Trump et son administration mentent sur la mort d'Alex Pretti à Minneapolis ?
Nos collègues de "CheckNews" ont reconstitué la scène de la mort d'Alex Pretti, le matin du samedi 24 janvier, par la police américaine aux frontières. Elle montre que son arme lui avait été retirée deux secondes avant le premier tir.
- Publié le 26-01-2026 à 09h54
- Mis à jour le 26-01-2026 à 09h56

Samedi 24 janvier, peu après 9 heures du matin, heure locale, Alex Pretti, infirmier états-unien de 37 ans, a été abattu par un agent de la police des frontières américaine à Minneapolis, dans le Minnesota. Durant son compte-rendu, Gregory Bovino, le "commandant en chef" des gardes-frontières, a justifié les tirs mortels en affirmant que Pretti représentait un grand danger pour ses agents.
Selon son récit, au cours de l'intervention de ses hommes à Minneapolis, "un individu s'est approché des agents de la police des frontières américaine avec un pistolet semi-automatique 9 mm. Les agents ont tenté de désarmer l'individu, mais celui-ci a opposé une résistance violente. Craignant pour sa vie et pour celle de ses collègues, un agent de la police des frontières a tiré des coups de feu défensifs". Gregory Bovino a ajouté que "le suspect avait également deux chargeurs pleins et aucun document d'identité accessible. Cette situation donne l'impression que cet individu voulait causer un maximum de dégâts et massacrer des agents des forces de l'ordre".
Cette version a été défendue par le gouvernement de Donald Trump, sa secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi L. Noem, le décrivant même comme "un terroriste intérieur". Sur X, le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis a publié une photographie de l'arme saisie sur la victime.
Les proches d'Alex Pretti contestent fermement ce récit. Dans un communiqué publié samedi, ses parents dénoncent les "mensonges odieux proférés par l'administration à propos de [leur] fils". Selon eux, "Alex n'était manifestement pas armé lorsqu'il a été attaqué par les lâches agents de l'ICE. […] Il tenait son téléphone dans sa main droite et sa main gauche, vide, était levée au-dessus de sa tête alors qu'il tentait de protéger la femme que l'ICE venait de plaquer au sol, tout en étant aspergé de gaz poivré."
Cinq vidéos pour documenter l'intervention
Que s'est-il réellement passé ? Au moins cinq vidéos filmées par des témoins documentent l'intervention. Les images les plus déterminantes montrent le déroulement complet de l'altercation et les instants précédant les tirs mortels. Elles indiquent qu'Alex Pretti ne tenait aucun objet autre qu'un smartphone lorsqu'il a été plaqué au sol par plusieurs agents. Ces vidéos, analysées par CheckNews, montrent surtout qu'un agent a retiré l'arme que Pretti portait sur lui, juste avant qu'un autre ne l'abatte de plusieurs tirs.
Une première vidéo montre le début de l'altercation et la mort de la victime. Alex Pretti se tient au milieu de la route avec son smartphone dans la main droite et aucun objet dans la main gauche. En arrière-plan, on entend les sons des sifflets utilisés par les citoyens souhaitant avertir de la présence de la police de l'immigration dans un quartier. Un agent pousse alors une femme qui tient elle aussi son téléphone à la main droite et qui finit par trébucher. Alex Pretti tente alors de s'interposer, l'agent sort une bombe lacrymogène et asperge le visage de Pretti et de la femme.
L'infirmier tente de relever la femme mais est empêché par les agents anti-immigration, qui le tirent en arrière et le plaquent au sol. Sept agents l'entourent. L'un d'entre eux, habillé d'un manteau gris, le touche avec sa main à la taille puis se retire. Aussitôt retentit un premier coup de feu, tiré par un agent habillé d'une veste verte et portant un bonnet noir. Neuf autres tirs s'ensuivent, causant la mort d'Alex Pretti.
Sur cette deuxième vidéo partagée sur Facebook(pour laquelle existe une version synchroniséeavec la première), on voit au moins sept agents intervenir contre Alex Pretti. Une fois retourné sur le ventre et immobilisé, il se retrouve à quatre pattes sur la chaussée, les mains et les coudes au sol. Un agent continue de lui administrer des coups au niveau du visage à l'aide d'une bonbonne de gaz lacrymogène. L'intervention de l'agent en gris, jean bleu et casquette grise est clairement visible : il arrive sans arme visible à la main, se place directement derrière Alex Pretti et semble le fouiller au niveau de la taille. Il reste en contact permanent avec Pretti et ne touche pas à son propre pantalon ni à sa taille pour dégainer une arme. Pourtant, au moment où il se retire brusquement, l'agent en gris tient un pistolet à la main. Puis on entend le premier coup de feu.
Sur cette troisième vidéo diffuséesur Reddit, le même agent en gris est clairement visible tenant un pistolet à la main lorsqu'il s'éloigne, avant le premier coup de feu. Alex Pretti apparaît les mains au sol lors de l'intervention des sept agents de la police anti-immigration.
Sur ce montage, CheckNews a synchronisé le moment où le premier coup de feu retentit sur ces trois vidéos. On peut voir clairement que l'homme en gris quitte la scène, une arme à la main.

Sur cet autre montage réalisé par CheckNews à partir de la première vidéo, on distingue donc, dans un premier temps, le moment où l'agent en gris attrape le pistolet à la taille d'Alex Pretti (1). Puis, deux secondes plus tard, le premier coup de feu, tiré dans le dos d'Alex Pretti par un agent en bonnet noir (2), tandis que l'agent en gris (3) qui a pris l'arme de Pretti se retire de la scène. Et enfin un deuxième coup de feu (4), suivi de huit autres dans les secondes suivantes.

Deux autres vidéos,l'une postée sur Instagram et l'autre sur TikTok, filmées depuis des véhicules, montrent que Pretti tenait uniquement son smartphone à la main au début de l'altercation. A aucun moment, il ne dégaine d'arme sur ces images ou ne montre pas d'attitude menaçante contre les forces de l'ordre. Au contraire, il recule quand un agent le pousse en arrière.