L'état de l'Amérique après un an de (seconde) présidence Trump
Traditionnel discours sur l'état de l'Union, ce mardi soir, sur fond de mécontentement populaire.

- Publié le 24-02-2026 à 06h39
- Mis à jour le 24-02-2026 à 12h23

Donald Trump prononcera, ce mardi soir, le deuxième discours sur l'état de l'Union de son second mandat. Comme le précédent était programmé peu de temps après son retour à la Maison-Blanche, celui-ci sera l'occasion d'un premier bilan après un an d'exercice du pouvoir. Chacun l'appréciera selon ses sensibilités, ou ses ornières, idéologiques, mais le climat politique est à l'image de la tempête historique qui sévit ces jours-ci sur la côte Est du pays.
Connaissant Donald Trump, on ne s'attend évidemment pas à ce qu'il concède – comme le fit Gerald Ford après avoir succédé à Nixon, emporté par le Watergate – que l'état de l'Union n'est pas bon. Il sacrifiera, au contraire, à son penchant pour les superlatifs et réaffirmera que rien n'a jamais été aussi bien que sous sa présidence, "la meilleure de toute l'histoire américaine".
Objectivement, cependant, le Président a accumulé les revers, le dernier en date, on ne peut plus inopportun, étant le désaveu infligé par la Cour suprême à sa guerre des droits de douane. Et l'impression générale que les Américains, y compris beaucoup de Républicains, retirent de ces douze derniers mois n'est guère positive si l'on en croit le sondage Ipsos-ABC News-Washington Post, réalisé du 12 au 17 février, avant donc la décision de la Cour, puisque 60 % des personnes interrogées se disent globalement insatisfaites.
L'inflation insuffisamment combattue
La dernière fois que Donald Trump était aussi bas dans ce sondage, c'était au lendemain de l'assaut du Capitole, en janvier 2021, à la toute fin de son premier mandat. Il est durement jugé dans tous les domaines de son action, mais là où il est le plus lourdement sanctionné, c'est dans la lutte contre l'inflation dont il avait fait une promesse de campagne. Seulement 32 % de ses concitoyens disent se satisfaire de la situation actuelle.
La gestion de l'économie ne convainc pas beaucoup plus, avec 41 % d'opinions favorables. La hausse des droits de douane imposée à la planète entière, dont pâtissent les consommateurs comme les entreprises, est particulièrement impopulaire avec 64 % de mécontents. Dans la foulée, la politique étrangère inspire 62 % de désapprobation – les facéties groenlandaises, les tensions avec les alliés de l'Otan, le kidnapping du président vénézuélien, l'Iran et le conflit russo-ukrainien (que le candidat Trump s'était juré de régler en un jour) sont passés par là.
Il n'est pas jusqu'à l'immigration qui ne fâche les sondés. Si le contrôle de la fontière avec le Mexique fait presque autant de satisfaits (47 %) que d'insatisfaits (50 %), la traque des clandestins par la police de l'immigration (ICE) est nettement désavouée (58 % d'avis négatifs contre 40 % de positifs). La mort de deux citoyens américains n'y est sans doute pas pour rien.
Coup de blues chez les Républicains
Sans surprise, les appréciations varient considérablement selon qu'on est démocrate ou républicain. Chez ces derniers, l'adhésion faiblit, cependant, avec 48 % de sympathisants républicains déclarant "approuver fortement" l'action du Président. Ils étaient 63 %, il y a un an, dans ce sondage.
Parallèlement, la proportion d'Américains qui ne jugent pas Donald Trump "honnête et digne de confiance", a grimpé à 70 %, un record.
Les Démocrates pourraient se réjouir de ces chiffres, à huit mois des législatives. Sauf que, lorsqu'on demande à qui, entre Donald Trump et les élus démocrates au Congrès, les sondés font le plus confiance pour régler les problèmes de l'Amérique, 33 % répondent Trump, 31 % les Démocrates, et 31 % "aucun des deux".