Le comportement de J.D. Vance interpelle dans le camp républicain depuis le début des frappes en Iran: "C'est un problème majeur"
A la Maison-Blanche, on se montre loquace depuis le début du conflit iranien. Mais le vice-président l'est beaucoup moins... Et cela n'a pas échappé à ses collègues du parti républicain.

- Publié le 04-03-2026 à 15h18
- Mis à jour le 04-03-2026 à 15h21

Que pense réellement J.D. Vance de cet énième conflit entamé par Donald Trump ? Disons-le d'emblée: peu le savent. Mais les supputations vont bon train. Parce que la question agite les rangs républicains. Au sein du parti, l'on se demande si le vice-président est vraiment raccord avec le locataire de la Maison-Blanche. On va même jusqu'à s'imaginer que l'homme fulmine face aux dernières décisions du président américain.
Tout est parti... d'un silence. Assourdissant pour certains. Quelques heures après l'annonce de l'entrée en guerre des Etats-Unis en Iran, le président américain s'exprime, mais sans J.D. Vance. L'homme semble également absent des réseaux sociaux. Il ne poste en tous les cas rien sur le sujet et se contente de relayer des publications de la Maison-Blanche. Il n'apparaît pas non plus aux côtés de Donald Trump lorsque l'assaut est lancé. Le chef d'Etat se trouve alors dans sa résidence de Mar-a-Lago, entouré notamment du secrétaire d'Etat Marco Rubio et de sa directrice de cabinet Susie Wiles. Le vice-président, quand à lui, suit l'opération depuis la "situation room" à Washington.
Très vite, son comportement interroge. D'autant que plusieurs figures de proue des Républicains au Congrès se sont réunies ce week-end dans le cadre d'une retraite. Autant dire que J.D. Vance a dû avoir les oreilles qui sifflent... A Politico, un responsable républicain de la Chambre des représentants a expliqué que "les gens étaient vraiment obsédés par le fait que Vance n'ait pas tweeté". "C'est un problème majeur", a-t-il même ajouté. "Cela a dominé les discussions. Ainsi que le fait qu'il n'ait pas été avec le président."
Une position inconfortable pour J.D. Vance
Le vice-président a fini par briser le silence, lundi soir. Dans un entretien sur Fox News, il a défendu les bombardements en Iran et balayé les critiques sur le manque de clarté quant aux objectifs de l'administration Trump face à Téhéran: "Il s'agit avant tout d'éliminer la menace nucléaire iranienne", a-t-il tranché, faisant sien le discours de la Maison-Blanche.
Pourtant, jeudi encore, J.D. Vance assurait que la voix diplomatique serait toujours celle prônée par l'administration pour s'assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire. Il avait également écarté la possibilité de voir son pays entrer dans une guerre de longue haleine au Moyen-Orient. "Il n'y a aucune chance", s'était-il risqué. Il semblerait pourtant que cette piste ne soit plus tout à fait inenvisageable. Dernièrement, Donald Trump a reconnu lui-même que le conflit ne serait pas éclair et qu'il pourrait s'étendre jusqu'à quatre semaines.
Ce qui place le vice-président américain dans une situation très compliquée. L'homme a toujours affiché clairement sa volonté de voir les Etats-Unis se recentrer sur eux-mêmes et se sortir de conflits internationaux inutiles. Comme le rappelle Politico, c'est précisément avec cet argument que J.D. Vance avait annoncé soutenir la candidature de Donald Trump à la Maison-Blanche. "Il n'a déclenché aucune guerre durant tout son mandat, malgré les pressions énormes exercées par son propre parti et même par des membres de son administration", avait-il déclaré.
Le vice-président risque-t-il de se mettre tout le monde à dos ?
Mais, depuis le retour du milliardaire à la Maison-Blanche, la donne a considérablement changé. Et les conflits impliquant les Etats-Unis se multiplient. Au sein du camp MAGA, les anti-interventionnistes voient leur désenchantement grandir de jour en jour. Certains, comme le conservateur Tucker Carlson, n'ont pas hésité à s'en prendre immédiatement aux plans du président. D'autres ont préféré attaquer J.D. Vance, qu'ils estimaient être un rempart face à ces projets à l'étranger, qu'ils jugent insensés. Ainsi, Sohrab Ahmari, allié de longue date du Républicain, l'a vivement critiqué dans une tribune publiée ce week-end dans la revue britannique UnHerd. "Le Vance qui, jadis, fustigeait avec véhémence la politique étrangère moralisatrice supervise aujourd'hui des frappes visant explicitement à libérer le peuple iranien", a-t-il écrit. "L'ironie est sidérante."
Et si certains vont jusqu'à dire que le vice-président met en danger ses propres chances d'être un jour élu à la tête du pays, le professeur Serge Jaumain (ULB), spécialiste des Etats-Unis, lui, ne va pas si loin. Dans une interview à La Libre, il avait ainsi expliqué que la popularité de J.D. Vance était principalement liée à sa relation avec Donald Trump. Avant de devenir son colistier, il ne s'était pas encore réellement illustré dans le paysage politique américain. "Il n'a pas un électorat très important, il n'est pas extrêmement populaire", nous avait-il expliqué. "Son unique chance est donc d'apparaître comme le successeur naturel de Donald Trump. C'est pourquoi sa priorité est de s'attirer les faveurs de la base électorale du président. S'il se la met à dos, tout est fini pour lui."