Qui est Dilan Yesilgöz-Zegerius, prétendante à la succession de Mark Rutte ?
L'actuelle ministre de la justice, Dilan Yesilgöz-Zegerius, a été désignée tête de liste de la droite libérale pour les élections législatives de novembre, et espère succéder à son collègue libéral Mark Rutte
- Publié le 21-08-2023 à 19h59
Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) des Pays-Bas a désigné l'actuelle ministre de la justice pour succéder à Mark Rutte, Premier ministre sortant, comme tête de liste en vue des élections législatives qui se dérouleront le 22 novembre prochain. Si Dilan Yesilgöz-Zegerius, âgée de 46 ans, est élue à la tête des Pays-Bas, elle deviendra non seulement la première femme Premier ministre du pays, mais aussi la première immigrée et la première issue d'un milieu turco-kurde.
Née en 1977 à Ankara, en Turquie, elle a immigré aux Pays-Bas à l'âge de sept ans avec sa mère et sa sœur pour rejoindre son père, Yücel Yeşilgöz, un militant turco-kurde qui avait quitté la Turquie trois ans plus tôt en tant que réfugié, en raison de ses activités syndicales et politiques.
Elle étudie ensuite les sciences sociales et culturelles à l'université libre d'Amsterdam, avant de se lancer en politique. Regard déterminé et sourire éclatant sous des pommettes hautes, Dilan Yesilgöz-Zegerius milite d'abord au Parti socialiste (SP), à la Gauche verte (GL) puis au Parti travailliste (PvdA). Exactement 30 ans après son arrivée aux Pays-Bas, elle devient conseillère administrative en matière de sécurité et de soins auprès de l'exécutif municipal, tout en étant conseillère municipale à Amsterdam.
En 2017, Dilan Yesilgöz-Zegerius devient membre du parlement pour le parti VVD, puis secrétaire d'État aux affaires économiques et au climat, lors du troisième cabinet de Mark Rutte avant de devenir ministre de la Justice, en 2022. Qualifiée de "pitbull à talons" par le journal De Volkskrant en raison de sa ténacité, Dilan Yesilgöz-Zegerius ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle s'est battue pendant trois ans pour que le harcèlement de rue devienne une infraction pénale : une loi a finalement été adoptée en 2019.
Son action politique n'est toutefois pas dénuée de paradoxes. Mme Yesilgöz-Zegerius ne cesse de clamer dans les médias qu'elle aimerait rendre le pays "plus libre". Le mois dernier, elle interdisait pourtant l'affichage de symboles religieux dans le cadre du nouveau code vestimentaire de la police, interdisant aux femmes musulmanes qui portent le voile et aux hommes juifs orthodoxes de rejoindre les rangs de la police. Bien qu'elle soit arrivée elle-même aux Pays-Bas grâce au "regroupement familial", elle adopte en outre une position très dure à l'égard de ce type d'immigration.
Le vendredi 18 août dernier, Dilan Yesilgöz-Zegerius a par ailleurs déclaré qu'elle ne rejetterait "pas automatiquement" une éventuelle alliance avec le dirigeant d'extrême droite, Geert Wilders, ancien membre du VVD. La campagne électorale promet d'être très animée.