Charles Michel : "Je suis incapable de répondre aux questions sur mon avenir et ça me perturbe peu parce que ma carrière a été faite d'imprévus"
Le second et dernier mandat du Belge à la tête du Conseil européen se terminera à la fin de l'année. L'ancien Premier ministre belge prendra-t-il une part active aux élections européennes ou belges de 2024.
- Publié le 09-11-2023 à 20h09
- Mis à jour le 09-11-2023 à 22h03

En juin prochain auront lieu les élections européennes. Comment voulez-vous participer au débat sur l'avenir de l'Union européenne ?
Si la question, que je ne vais pas faire semblant de ne pas avoir comprise, est de savoir si je suis intéressé d'être candidat à des élections, la réponse est que c'est prématuré et donc nous verrons le moment venu. À ce moment-ci, je suis totalement concentré sur ma tâche.
Avez-vous peur d'une montée des extrêmes lors des élections belges et européennes de 2024 ?
On ne doit pas avoir peur des extrêmes. On doit être déterminés à faire triompher le bon sens qui est aussi le sens de la nuance. On a besoin, que ce soit en Belgique ou partout en Europe, de responsables politiques qui disent la vérité, qui expliquent ce qu'est l'état des lieux et présentent les options. On n'a pas tous la même opinion sur ce qu'il faut faire pour créer plus d'emplois, sur ce qu'il faut faire pour garantir plus de sécurité, pour garantir un avenir plus optimiste pour nous, pour nos enfants, pour réformer le système, le système scolaire… C'est ça c'est la démocratie.
Mais il est certain que nous sommes dans un moment où les réseaux sociaux, la propagande, la désinformation, les attaques informationnelles, comme on les appelle, rendent la vie plus difficile aux démocrates sincères. Ils font face à des adversaires politiques qui n'hésitent pas à utiliser les bienfaits de la démocratie pour fragiliser le système. Notre responsabilité, que l'on soit de gauche ou de droite, quand on croit dans ces valeurs de démocratie, toutes ces valeurs liées au projet européen, c'est d'être très déterminé.
Les réseaux sociaux, la propagande, la désinformation, les attaques informationnelles rendent la vie plus difficile aux démocrates sincères
En tant que président du Conseil européen, vous avez marqué beaucoup d'intérêt pour les relations internationales, pour la politique étrangère, la diplomatie. Quand on a occupé un poste comme le vôtre, peut-on s'imaginer retourner dans la vie politique belge ?
Il y a une très grande imbrication entre l'avenir de la Belgique et des autres États membres, l'Union européenne et l'avenir de l'Europe. Ceux qui veulent opposer l'intérêt national à l'intérêt européen se trompent. L'Union a besoin d'États membres solides, robustes, prospères, stables. Et les États membres ont besoin d'une Union européenne robuste, prospère et stable.
Vous n'avez que 47 ans. Vous êtes le président du Conseil européen jusqu'à la fin de cette année. Vous avez été Premier ministre, vous avez été président de parti, vous étiez ministre belge aussi. Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
Je suis incapable de répondre à cette question et c'est quelque chose qui me perturbe peu parce que tout mon parcours politique a été fait d'imprévus.