Décès du pape François: "Il n'était pas le seul aux commandes"

Ce 22 avril 2025, Maxime Binet reçoit Tommy Scholtès, le porte-parole des évêques de Belgique, dans sa matinale "Café Sans Filtre" sur LN24.

Dans son émission, Maxime Binet aborde la nouvelle qui a ébranlé le monde ce lundi de Pâques : la mort du pape François. À cette occasion, il revient avec Tommy Scholtès, le porte-parole des évêques de Belgique, sur le pontificat de François.

Pour Tommy Scholtès ce fut un pontificat "de proximité, de simplification, visant les enjeux fondamentaux, c'est-à-dire la fraternité humaine, de respect de la création". "Je pense que ça a été le plus proche des personnes réfugiées, des personnes en prison. Des réalités qui minent la société", ajoute-t-il.

Par leurs symboles, les derniers jours de vie du pape François resteront gravés dans les mémoires

Le porte-parole, qui a pu rencontrer le pape à plusieurs reprises, se rappelle d'"un homme libre, libre dans sa pensée, dans ses actions, dans ses initiatives". "J'ai perçu sa simplicité de cœur", déclare Tommy Scholtès qui se rappelle de discussions franches lors de la rencontre du pape avec les évêques de Belgique, laissant les discours de côté.

Un pape de réformes ou un pape de transition ?

Maxime Binet interroge également Tommy Scholtès sur les combats du pape et sur les réformes qu'il a opéré au sein de l'Église. "Je pense que la réforme d'une institution comme l'Église n'est jamais finie. Il a créé un état d'esprit sur la collégialité, sur la manière de vivre ensemble dans l'Église. On n'est pas dans une hiérarchie du haut en bas mais on est presque dans l'inverse, car il s'agit de vivre tous ensemble et où chacun à sa place." Il rappelle également qu'il y a, au sein du Vatican, des freins par rapport à certaines évolutions (notamment concernant les contrôles financiers), que le pape François voulait mettre en place.

Le pape François a-t-il vraiment révolutionné l'Église?

Concernant les violences sexuelles, la place des femmes et l'union des couples homosexuels au sein de l'Église, Maxime Binet précise que certaines ouvertures ont été réalisées mais pas d'avancées majeures. Mais pour Tommy Scholtès, ce pontificat ne fut pas une période de transition. "Dans le dossier des abus sexuels, il est clair que François a voulu investir toute l'énergie possible pour que ces drames ne surviennent plus. Mais là aussi, il n'est pas le seul aux commandes. Quand 'un grand patron' de ce type-là mets en œuvre des politiques, après il faut que ça suive dans tous les pays du monde et c'est loin d'être facile à organiser. Dans les questions éthiques, comme l'avortement et l'euthanasie, je pense qu'il n'y aura aucun pape qui dira que ce sont des bonnes choses. D'une manière ou d'une autre, il y a une décision de la part de quelqu'un d'installer la mort. Et cette décision prise humainement, même si les circonstances sont compréhensibles très souvent, on ne peut pas dire que c'est bien, on peut dire qu'on comprend éventuellement."

Une visite en Belgique et des propos polémiques

En septembre 2024, le pape François avait rendu visite à la Belgique et avait eu des mots très durs concernant les médecins qui pratiquent les IVG et les euthanasies. "Les propos qu'il a tenus ont effectivement étonné. Mais quand il a prononcé sa fameuse phrase, il a dit 'si je peux dire'. Il disait lui-même que c'était peut-être allé trop loin mais que d'une certaine façon, c'était quand même cela, c'est-à-dire des personnes qui, d'une manière ou d'une autre, donnent la mort. En même temps, il est le parfait pape de la miséricorde."

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