"Ce ne sont quand même pas les SS qui arrivent" : polémique en Italie sur la présence d'agents de l'ICE pour les JO
Des fonctionnaires de la police de l'immigration américaine doivent encadrer la sécurité des athlètes américains et du secrétaire d'État Marco Rubio.

- Publié le 27-01-2026 à 18h36

"Ce ne sont quand même pas les SS qui arrivent", tranche Antonio Tajani, le ministre italien des Affaires étrangères, "une chose est de savoir de quoi on parle, une autre est de parler seulement sur le coup de l'émotion, ce ne sont pas ceux qui sont dans les rues de Minneapolis".
Interpellé ce mardi en marge des cérémonies pour le jour de la mémoire, le ministre se veut rassurant mais il confirme par la même occasion que des agents américains de l'agence devraient bien arriver sur le territoire italien pour les jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina. "Ce ne sont pas agents qui arrivent avec leur mitraillette et le visage caché, ce sont des fonctionnaires d'une brigade liée à l'antiterrorisme", précise-t-il.
La polémique enfle depuis plusieurs jours, depuis qu'une division de la police américaine de l'immigration (ICE) s'est annoncée via un communiqué pour soutenir "le Service de sécurité diplomatique du département d'État américain, ainsi que le pays hôte afin d'évaluer et d'atténuer les risques liés aux organisations criminelles transnationales".
En clair, l'ICE ne mènera pas d'opérations en matière d'immigration en Italie, ni aucune mission de maintien de l'ordre, mais les agents seraient chargés d'activités antiterroristes, protéger les athlètes américains participant aux J.O ainsi que d'encadrer la sécurité autour du secrétaire d'État Marco Rubio présent à la cérémonie d'ouverture le 6 février à Milan.
Une agence qui tue
Giuseppe Sala, le maire de Milan, l'une des villes hôtes des Jeux Olympiques d'hiver, est furieux. "Moi en tant qu'Italien, même avant d'être maire de Milan, je ne me sens pas protégé par un ministre comme Matteo Piantedosi, le ministre de l'Intérieur, qui dit : "Eh bien, si ICE vient, quel est le problème ?" Il y a un problème, c'est une milice qui tue, qui pénètre dans les maisons sans permission. Il est clair qu'elle n'est pas la bienvenue à Milan."
Rome aurait, selon le quotidien La Repubblica essayé de comprendre s'il était possible de s'opposer à la présence des hommes de l'agence controversée mais cela semble complexe car certains de ces fonctionnaires se trouveraient déjà sur le territoire italien. Dans les consulats, ils s'occupent des visas et des questions d'immigration.
Les services antiterroristes italiens évaluent les risques que pourraient provoquer la présence de ces agents dans les prochaines semaines, des réactions hostiles ou des manifestations clairement liées au climat politique antiaméricain plutôt qu'au dispositif de sécurité prévu pour les JO. "C'est une hypothèse inacceptable", proclament en cœur les partis d'opposition de centre gauche. "C'est une offense à la souveraineté nationale, ICE est un organisme hors de contrôle".
Difficile en effet d'imaginer que l'Italie pourra contrôler la liste des agents américains, une centaine apparemment, qui arriveront dans les prochains jours, mais le ministère de la Sécurité intérieure affirme qu'il s'agit de fonctionnaires et non de membres de la brigade chargée des arrestations des immigrés illégaux sur le territoire américain.