Pressés par Trump, les Européens tentent de clore le feuilleton des droits de douane
Pressés par Donald Trump, les pays de l'UE et le Parlement européen espèrent s'entendre mardi sur la ratification de l'accord commercial conclu l'été dernier avec les Etats-Unis, et clore ainsi un épisode tumultueux dans les relations transatlantiques.

- Publié le 19-05-2026 à 07h53

Les représentants du Parlement et des 27 Etats membres doivent se réunir dans la soirée à Strasbourg pour une nouvelle séance de négociation, en vue d'entériner ce pacte commercial négocié au nom de l'UE par la Commission européenne.
Ils avaient déjà tenté début mai de trouver un compromis pour appliquer l'accord, mais sans y parvenir, malgré l'impatience grandissante du président américain.
Ce dernier a menacé les Européens de nouvelles surtaxes sur les voitures et camions importés l'an dernier, s'ils ne ratifiaient pas l'accord négocié l'été dernier à Turnberry, en Ecosse, et leur a donné jusqu'au 4 juillet pour s'exécuter.
Cette fois, l'espoir semble de mise, selon plusieurs participants aux discussions. Mais parvenir à un compromis n'est pas évident, en raison des nombreuses conditions posées par les parlementaires.
"Nous avons déjà fait de nombreux progrès et j'espère que nous pourrons parvenir à un compromis, intégrant de nouvelles propositions", a déclaré à l'AFP l'eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D, gauche), le très influent président de la commission du Commerce international du Parlement.
De son côté, la présidence tournante du conseil de l'UE, exercée par Chypre, s'est dite "pleinement engagée à travailler de manière constructive avec le Parlement européen pour conclure les négociations", selon une porte-parole.
"Notre but reste de mettre en oeuvre rapidement l'accord entre l'UE et les Etats-Unis, dans le plein respect de la procédure législative", a déclaré cette porte-parole à l'AFP.
"Nous n'avons pas le choix"
L'UE s'est engagée à supprimer les droits de douanes appliqués sur la plupart des importations américaines, en échange d'un plafonnement à 15% des droits de douanes imposés par M. Trump sur les produits européens.
Mais le Parlement a assorti son feu vert d'une série de garde-fous difficiles à accepter pour les Etats-membres, s'ils veulent éviter un nouvel accès de fureur de la Maison Blanche.
Les eurodéputés ont notamment exigé que la suppression des droits de douane sur les produits américains soit conditionnée à la levée des surtaxes de Washington sur l'acier européen.
Ils veulent en outre que l'accord expire en mars 2028, et qu'il soit assorti de clauses de sauvegarde renforcées.
Selon l'eurodéputée écologiste Anna Cavazzini, "les chances qu'un accord soit trouvé sont bonnes, mais pour ce faire, les États membres doivent faire des concessions" au Parlement.
"Ces dernières semaines, ont a vu à plusieurs reprises qu'on ne peut pas faire confiance à Trump", dit elle, d'où la nécessité d'instaurer des clauses de sauvegarde robustes.
La droite, elle, appelle à appliquer l'accord au plus vite, pour ne pas pénaliser le commerce transatlantique, dont dépendent des millions d'entreprises et d'emplois.
"Nous n'avons pas le choix. Nous avons perdu trop de temps", plaide l'élue croate Zeljana Zovko (PPE).
Si les eurodéputés ont dès le départ trainé des pieds pour ratifier l'accord avec les Etats-Unis, le processus a été fortement entravé ces derniers mois par les visées de Donald Trump sur le Groenland, puis par le revers judiciaire sur les droits de douane infligé au milliardaire républicain par la Cour suprême.
Plusieurs pays européens se sont en outre attiré l'ire de la Maison blanche ces dernières semaines en raison de leur opposition ou de leurs critiques concernant la guerre en Iran.
Mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré malgré ces tensions qu'"un accord est un accord" et que l'UE respecterait ses engagements, pour ne pas mettre en péril les relations avec son premier partenaire commercial.
