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"La permissivité du Maroc a provoqué cet afflux particulièrement spectaculaire"

Journaliste spécialisé dans les questions migratoires en Afrique du Nord, Ignacio Cembrero a fait ses calculs.

François Musseau, pour Libération
Migrants who crossed into Spain are escorted by Spanish soldiers towards the Spanish-Moroccan border for their return to Morocco from the Spanish enclave of Ceuta, Sunday, Aug. 2, 2026. (AP Photo/Antonio Sempere)
“La permissivité du Maroc a provoqué cet afflux particulièrement spectaculaire” ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

Selon lui, entre le 30 juillet soir et le lendemain midi, on a assisté à l'arrivée de 200 migrants par minute à Ceuta, provoquant une réaction en chaîne politique et diplomatique sans précédent. La quasi-totalité des jeunes Marocains et Sub-Sahariens a quitté l'enclave espagnole samedi 1er août. Tentative d'explication.

Comment expliquer l'arrivée d'au moins 50 000 migrants – un record sans précédent – entre jeudi et vendredi à Ceuta ?

C'est du jamais vu, en effet. On n'a jamais vu autant de monde traverser une frontière en si peu de temps, même à l'époque où les réfugiés irakiens ou syriens venaient en masse en Europe il y a plus de dix ans. Cette fois, on a atteint 40 000, 50 000, peut-être 60 000 en une seule journée (70 000 selon les dernières estimations, NdlR), via une frontière des plus étroites. Cet afflux massif peut s'expliquer par le fait que les autorités marocaines ont relâché le contrôle de leur côté de la frontière. Elles l'ont même apparemment supprimé à partir de mercredi. Pour atteindre la digue qui marque la frontière entre Ceuta et le Maroc, il y a des cordons de police et de forces auxiliaires et il est évident qu'on les a laissés passer. Sinon, cela ne se serait pas produit. En parallèle, le bruit s'est propagé dans les provinces de Tétouan et de Tanger, limitrophes, et même jusqu'à des villes bien plus distantes, comme Larache, Kénitra ou Fès, que la frontière était ouverte. La rumeur disait que l'on pouvait entrer et venir se balader dans Ceuta, peut-être même y être bien traité, nourri, logé.

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