Condamnation pour viols, affaires de drogue, liens avec Epstein : autour d'un nouveau roi modèle, les frasques de la famille royale de Norvège
Si Haakon VIII, prince héritier devenu roi de Norvège ce vendredi, a tout du monarque modèle, plusieurs membres de sa famille sont empêtrés dans de lourdes polémiques.
- Publié le 28-08-2026 à 16h37

Après trente années de règne, le roi Harald V est décédé ce vendredi à l'âge de 89 ans. Il laisse son trône de souverain à son fils, le prince héritier Haakon, qui a choisi pour nom Haakon VIII, âgé de 53 ans. "Je prendrai le nom de Haakon VIII et je conserverai la même devise que mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père ont choisie : 'Tout pour la Norvège'", a-t-il déclaré dans la foulée de sa succession.
Haakon est à l'image de son pays : modeste, mesuré, fuyant le faste et l'ostentation. Son père disait de lui que "tout ira bien avec lui. C'est rassurant de le savoir me succéder". Ses préoccupations sont d'ailleurs bien ancrées dans l'actualité : défense de l'environnement, lutte contre le racisme, et encore le combat contre l'homophobie et toutes formes de discrimination.
Soucieux de l'immerger au milieu des Norvégiens "ordinaires", ses parents l'obligent à faire une partie de sa scolarité dans le public. Il décroche par la suite une licence de sciences politiques à l'université californienne de Berkeley, puis un Master en études du développement à la London School of Economics.
Une famille prise dans les scandales
De cette vie "simple" et presque trop parfaite, Haakon va pourtant devoir vivre avec les nombreuses polémiques qui ont touché sa famille.
Lors d'un festival en 1999, il rencontre la femme de sa vie, Mette-Marit Tjessem. Mère célibataire, l'annonce de ce nouveau couple crée des émules dans le Royaume. Car son profil ne colle pas avec les principes royaux : Mette-Marit est une mère célibataire qui gravite dans les milieux des discothèques et autres soirées et dont le petit garçon, Marius Borg Høiby, est né d'une brève relation en 1997 avec un homme ayant un passé judiciaire lié notamment à la drogue.
"Ma rébellion d'adolescente a été plus forte que pour beaucoup de personnes" avait avoué la future princesse juste avant leur mariage, en 2001.
Malgré son passé tumultueux, les Norvégiens passent l'éponge et l'adoptent rapidement. Au contraire de la soeur aîné d'Haakon, Märtha-Louise, déjà prise dans des turbulences judiciaires et médiatiques. D'abord aux yeux de la justice, puisqu'elle a été accusée d'utiliser son titre de princesse à des fins commerciales. Puis au niveau privé, en se mariant avec le chaman autoproclamé Durek Verrett, Américain de 51 ans et pour qui elle a renié à ses fonctions de princesse en 2022.
Mette-Marit Tjessem a échangé avec Jeffrey Epstein
Mais tout ne s'arrête pas là pour Mette-Marit Tjessem. La presse norvégienne a, ces dernières années, multiplié les révélations concernant une correspondance, parfois au ton complice, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Elle affirmera par la suite avoir été "manipulée et trompée". Elle avait pourtant affirmé, dans des échanges devenus publics, que la ville de Paris "est bien pour l'adultère" mais que "les Scandinaves font de meilleures femmes", alors que le criminel sexuel était de passage dans la capitale française.
Elle sera soutenue par le roi Harald, qui dira qu'elle "n'a rien fait d'illégal" et que "contrairement à certains autres en Norvège, elle a très tôt rompu ces contacts, et je trouve qu'on devrait lui en faire crédit".
Enfin, les démêlés judiciaires de la famille royale norvégienne nous amènent à Marius, fils de Mette-Marit Tjessem et qu'Haakon considère comme son propre fils. Désormais âgé de 29 ans, il a été condamné en juin dernier à quatre ans de prison ferme en juin dernier pour deux viols et 32 autres chefs d'accusation, dont des violences contre une ancienne compagne.

Marius est actuellement en détention provisoire sous bracelet électronique en attendant son procès en appel.
Tous ces scandales ne semblent pourtant pas entacher la confiance des Scandinaves envers la nouvelle famille royale. Selon un dernier sondage réalisé en mars, près de huit Norvégiens sur dix estimaient qu'Haakon ferait un bon roi.