Tragique accident ferroviaire en Espagne : le conducteur du train avait exprimé ses inquiétudes avant le drame, "il avait parfois même peur"

Parmi les 69 victimes de la collision ferroviaire de Tolède figurent deux conducteurs madrilènes. L'un d'eux avait alerté sur les risques liés à la sécurité ferroviaire.

Mercredi, l'Espagne tombait dans l'effroi suite à un accident ferroviaire qui a coûté la vie à 69 personnes. Deux jours après le drame, les noms des victimes commencent à être dévoilés.

Les médias espagnols, cités par HLN, relaient ainsi l'histoire d'Antonio Acedo, 36 ans. C'est lui qui conduisait le train Renfe avant le crash à Tolède. Il n'était pas seul en cabine puisque mercredi, il formait Daniel Muñoz. Les deux hommes, âgés respectivement de 36 et 31 ans, étaient tous deux originaires de Madrid.

Selon le journal "El Pais", les deux conducteurs étaient assis côte à côte dans la cabine de conduite lorsque leur train est entré en collision avec le train Iryo à l'arrêt. On apprend également via des proches qu'ils étaient passionnés par le rail et rêvaient de faire carrière dans les trains.

Drame ferroviaire meurtrier en Espagne : ce que révèlent les premiers éléments de l'enquête

Toujours selon le média espagnol, Antonio Acedo a reçu l'ordre de redémarrer après un souci technique, 17 minutes exactement avant d'entrer en collision. "Coupez le moteur et reprenez à vitesse normale", indiquait ainsi le message diffusé. Antonio confirmera avoir reçu le message en répondant : "À vitesse normale. Compris." On apprendra plus tard que le trentenaire a tout essayé pour freiner mais sans succès.

Il déclarait qu'un drame se produirait

Antonio Acedo, issu d'une famille de cheminots, était également très engagé pour défendre leurs droits. Il était membre du syndicat Semaf et militant politique au sein du parti de gauche Izquierda Española. Terrible coïncidence : d'après des proches, il exprimait publiquement depuis un certain temps ses inquiétudes concernant la sécurité sur les voies ferrées.

Accident ferroviaire en Espagne: la France sans nouvelles de "plusieurs" ressortissants

"Il disait souvent que si rien ne changeait, un grave accident était inévitable", explique Paula Fraga, avocate et membre du même parti, au journal "El Mundo". "Il avait le sentiment que la pression sur les conducteurs de train augmentait et que trop de responsabilités pesaient sur eux. Il était très inquiet de ce qu'il voyait au travail et avait parfois même peur".

Depuis le drame d'Adamuz en janvier (accident ferroviaire qui avait coûté la vie à 46 personnes), son inquiétude s'était encore amplifiée. "Et regardez, c'est ce qui lui est arrivé", regrette encore Paula Fraga.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...