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Avec la peur comme carburant, "on se dirige vers une démocratie fragmentée et hostile qui se déchire"

Antoine Bristielle, docteur en science politique, publie "Les entrepreneurs de la peur" et dissèque les sources d'anxiété de la société française.

People hold a banner reading 'Far left kills' as they take part in a march in Lyon, France, Saturday, Feb. 21, 2026, to pay tribute to Quentin Deranque, a 23-year-old nationalist activist who died from a beating after a clash between far-left and far-right supporters. (AP Photo/Laurent Cipriani)
Manifestation de soutien au militant d'extrême-droite Quentin Deranque, lynché par des manifestants d'extrême-gauche. ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

Dans Les entrepreneurs de la peur (2026, JC Lattès), le chercheur français Antoine Bristielle analyse les peurs des Français, qui, nourries par les errements gouvernementaux et une actualité internationale anxiogène, fragmentent désormais la société. Interview.

Selon votre étude, lorsque l'on demande aux Français quel est le sentiment qui correspond le mieux à leur état d'esprit actuel, 40 % citent la peur. Que craignent-ils ?

La peur arrive en effet en tête, devant la sérénité, l'espoir et la colère. Ensuite, quand on les interroge sur des sujets concrets, les niveaux de peur montent encore : 82 % ont peur que le monde devienne de plus en plus instable, 73 % redoutent l'affaiblissement de la démocratie, 71 % craignent les conséquences du changement climatique. Certains disent même avoir 'un peu peur de tout', tandis que seule une infime minorité (8 %) se déclare globalement sereine.

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