Les Européens donnent de la voix avant le sommet Trump-Poutine
Les chancelleries de l'UE, moins la Hongrie, ont publié une déclaration commune, mardi.


- Publié le 12-08-2025 à 20h01
- Mis à jour le 13-08-2025 à 16h53

À trois jours du sommet entre le président américain, Donald Trump, et son homologue russe, Vladimir Poutine, en Alaska, où pourrait se jouer l'avenir de l'Ukraine, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne (UE), à l'exception de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, ont publié, mardi matin 12 août, une déclaration commune.
Si les Européens saluent "les efforts de Donald Trump pour mettre fin à la guerre d'agression russe", ils rappellent leur ligne rouge : "les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force".
Lundi, Donald Trump s'est dit "contrarié" par le refus du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de céder des territoires. Pour rappel, ce dernier n'est pas convié au sommet en Alaska.
L'inquiétude d'un accord bradé
Depuis que Donald Trump évoque des "échanges de territoires", les Européens s'inquiètent d'un accord bradé, aux dépens de l'Ukraine. Donald Tusk, le Premier ministre polonais, a avoué naviguer entre "la crainte et l'espoir" à la perspective du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Selon la déclaration commune des Européens, de véritables négociations de paix ne peuvent se dérouler "que dans un contexte de cessez-le-feu ou de réduction des hostilités". Sous-entendu : les conditions ne sont pas encore réunies.
Cette déclaration précède de 24 heures une visioconférence qui doit avoir lieu ce mercredi 13 août, à l'initiative du chancelier allemand, Friedrich Merz, du Premier ministre britannique, Keir Starmer, et du président français, Emmanuel Macron.
Elle réunira la "coalition des volontaires" (soit les pays prêts à déployer des moyens militaires en Ukraine, en cas de cessez-le-feu), les Premiers ministres polonais, italien, britannique, le président finlandais, ainsi qu'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen.
Cette visioconférence devrait être suivie par un échange avec le président américain et son vice-président, J. D. Vance. Les Européens veulent réaffirmer leurs positions, sans garantie quant à l'intérêt que leur portera Donald Trump.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré mardi que la Russie se préparait à de "nouvelles offensives" en Ukraine.
L'Ukraine prête à céder des territoires ?
Dans la valse des annonces précédant le sommet américano-russe, The Telegraph a affirmé, mardi, que l'Ukraine serait finalement disposée à céder les territoires déjà occupés par la Russie en échange de la paix. Selon le quotidien britannique, le président Volodymyr Zelensky aurait fait des déclarations en ce sens à des dirigeants européens, rapportées mardi par le quotidien britannique.
À en croire ce dernier, l'Ukraine céderait à la Russie le contrôle de certaines parties de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia, Kherson ainsi que de la Crimée. Une telle initiative marquerait un revirement considérable par rapport à la position antérieure du président Zelensky, qui a toujours refusé d'abandonner le moindre mètre carré de territoire ukrainien.
Mardi soir devant la presse, le président ukrainien a réaffirmé cette position en ce qui concerne le Donbass (qui comprend les régions de Donetsk et Louhansk), où il a exclu tout retrait des forces ukrainiennes, estimant que si ce territoire tombait sous le contrôle de Moscou, il servirait ensuite de tremplin au Kremlin pour une "offensive future" contre l'Ukraine.
La Constitution ukrainienne exige un référendum pour céder officiellement du territoire.