Un premier pétrolier chargé de diesel russe fait route vers New York

Un pétrolier chargé de près de 300 000 barils de diesel russe fait route vers New York, concrétisant l'accord conclu début octobre entre Washington et Moscou.

President Donald Trump greets Russia's President Vladimir Putin Friday, Aug. 15, 2025, at Joint Base Elmendorf-Richardson, Alaska. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson)
Un pétrolier chargé de diesel russe fait route vers New York. ©Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved.

Un premier pétrolier chargé de diesel russe est en route pour New York, a-t-on appris vendredi, après un accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine début octobre et dénoncé par Kiev et ses alliés européens.

Après une conversation téléphonique entre les deux dirigeants le 9 octobre, la Russie, qui est l'un des plus grands exportateurs mondiaux d'hydrocarbures, avait accepté de livrer des quantités massives de diesel sur les marchés américain et mondial.

Le prix du gaz européen atteint son plus haut niveau depuis 2022

Cette initiative, qui implique de passer outre certaines sanctions occidentales décrétées contre la Russie, vise à tenter de calmer l'envolée des prix avant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le 3 novembre, qui s'annoncent difficiles pour le président républicain.

"Le ministère de l'Energie a indiqué que le premier pétrolier était en route vers ses destinataires", a déclaré vendredi aux journalistes, dont ceux de l'AFP, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Selon les données de suivi maritime de la société Kpler, le tanker Agioi Fanendes, naviguant sous pavillon maltais, se trouve actuellement au large de Helsinki et affiche New York comme destination via son signal de transpondeur AIS.

Il a chargé presque 300.000 barils de diesel au terminal pétrolier russe de Primorsk et toujours selon les données AIS, qui peuvent évoluer au cours du voyage, l'arrivée est prévue le 7 novembre.

Le vice-Premier ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, avait précédemment annoncé que Moscou serait en mesure à terme de livrer 3 à 3,5 millions de tonnes de diesel sur les marchés.

Selon lui, ces fournitures devrait permettre de faire baisser les prix du carburant, qui connaissent une flambée mondiale depuis le début de la guerre israélo-américaine au Moyen-Orient en février dernier.

Pour la Russie, cela représente des recettes fiscales supplémentaires pour son budget, alors qu'elle réalise des dépenses colossales pour son armée depuis 2022, prévues en hausse de 26% en 2027.

Prix du carburant

L'accord conclu par Donald Trump avec la Russie avait été vivement critiqué par les pays européens et le président Volodymyr Zelensky, qui l'avait qualifié de "faible" et d'"indigne".

M. Trump avait lui assuré avoir "fait le bon choix pour le peuple américain" et critiqué "l'hypocrisie" des Européens, qui ont eux-mêmes continué d'acheter des quantités massives d'hydrocarbures russes depuis 2022 malgré les sanctions.

Le président américain avait promis durant sa campagne de l'énergie à bas prix et de lutter contre l'inflation. Or le gazole est le carburant principal des tracteurs et des camions et sa hausse alimente l'inflation dans de très nombreux secteurs économiques.

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Donald Trump s'en est pris à plusieurs reprises à Volodymyr Zelensky pour lui reprocher ses attaques contre les raffineries russes qui participent, selon lui, à la pénurie mondiale et à la flambée des prix.

Cet épisode a provoqué un nouveau pic de tensions entre Kiev et Washington, l'Ukraine ayant accusé ces derniers jours les Etats-Unis d'avoir cessé le partage de certains renseignements permettant de détecter les missiles russes en approche et de brider le système satellitaire Starlink utilisé par l'armée ukrainienne.

Une source au sein du ministère ukrainien de la Défense a affirmé vendredi aux journalistes, dont ceux de l'AFP, que des limitations de Starlink continuaient d'être observées en Ukraine.

"Ce matin encore, des cas de perte de signal continuent d'être observés à des vitesses de 161 km/h. Il n'y a pour l'instant aucune confirmation que les restrictions aient été levées", a indiqué cette source.

Les Etats-Unis ont démenti à plusieurs reprises tout changement d'approche dans leur soutien, crucial pour l'Ukraine.

Négociations en novembre

Parallèlement, les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin à plus de quatre ans et demi de combats se sont intensifiés ces derniers jours, après la visite en Russie de l'émissaire américain Steve Witkoff.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué vendredi que des pourparlers à trois entre Russes, Ukrainiens et Américains étaient "prévus" en novembre à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

Moscou avait précédemment évoqué une date "vers le 10 novembre" tandis que Kiev a plaidé pour des discussions "dès que possible".

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Les positions des deux camps restent cependant diamétralement opposées: Kiev veut un gel du front aux positions actuelles comme prélude aux négociations, tandis que Moscou insiste sur un accord sur le front avant tout arrêt des hostilités.

Vladimir Poutine a ainsi prévenu jeudi soir que le but de ces négociations viserait "un accord final" et non "une espèce de courte pause dans les combats" qui permettrait à l'Ukraine de se réarmer.

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