Israël refuse que la Turquie participe à la future force internationale à Gaza: "Les pays devraient au moins être justes avec Israël"
Le gouvernement israélien revendique un droit de veto sur les participants.

- Publié le 27-10-2025 à 19h16
- Mis à jour le 27-10-2025 à 19h27

La Turquie ne fera pas partie de la force multinationale envisagée pour sécuriser la bande de Gaza. Ainsi en a décidé Israël, dont les relations avec le pays du président Recep Tayyip Erdogan sont particulièrement tendues depuis le 7-Octobre. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a confirmé lundi que son pays s'opposait à la présence de soldats turcs dans ce contingent qui doit superviser les prochaines étapes du plan de paix de Donald Trump dans le territoire palestinien.
"Les pays qui veulent ou sont prêts à envoyer des forces armées devraient au moins être justes avec Israël", a déclaré Gideon Saar lors d'une visite en Hongrie, confirmant le droit de veto revendiqué la veille par son Premier ministre. "Israël déterminera quelles forces sont inacceptables pour nous", une position qui vaut "aussi pour les États-Unis", avait indiqué dimanche Benjamin Netanyahou lors du Conseil des ministres, faisant écho aux récentes déclarations américaines. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait souligné vendredi qu'Israël devrait se sentir "à l'aise" avec les pays qui rejoindront les rangs de cette force.
Critiques turques
Or, depuis le début de la guerre de Gaza, le président turc n'a pas ménagé ses critiques à l'égard du gouvernement d'Israël, comparant son attitude à celle du régime nazi et Benjamin Netanyahou à Adolf Hitler. Le soutien sans réserve de la Turquie aux Palestiniens de Gaza ainsi que sa proximité idéologique avec le Hamas, qu'Israël tente d'éradiquer dans l'enclave palestinienne semblent ne pas convaincre davantage l'État hébreu. Les discussions sont en cours pour constituer cette force intérimaire censée assurer la sécurité dans la bande de Gaza durant la période de transition politique et de reconstruction.
Israël, qui conserve le contrôle de la moitié du territoire gazaoui depuis le début du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, a d'ailleurs invoqué lundi la "nouvelle réalité sécuritaire dans le sud du pays" pour justifier la levée de l'état d'urgence dans les localités israéliennes situées à proximité de la bande de Gaza, pour la première fois depuis les attaques du Hamas il y a un peu plus de deux ans. L'état d'urgence dans les agglomérations situées jusqu'à 80 kilomètres de Gaza octroyait aux autorités des pouvoirs spéciaux pour maintenir l'ordre public et assurer la sécurité des civils.
Pays pressentis
Le plan de paix américain ne stipule pas quels pays feront partie de la "force internationale de stabilisation temporaire" qu'il prévoit de déployer à Gaza, seulement que les États-Unis travailleraient avec "leurs partenaires arabes et internationaux" pour mettre en place cette force censée former et d'encadrer les futures "forces de police palestiniennes agréées" de Gaza. Néanmoins, plusieurs pays sont pressentis pour y prendre part, à commencer par les Émirats arabes unis, l'Égypte et la Jordanie, trois pays arabes qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël.
Pour l'heure, le Forum des familles des otages israéliens a demandé lundi aux États-Unis de suspendre la prochaine étape du plan tant que le Hamas n'avait pas rendu les treize corps manquants, disséminés dans les décombres de Gaza.