Entre incursions et raids, Israël tente toujours d'imposer sa loi en Syrie
L'Onu demande le retrait d'Israël du Golan syrien et Trump la fin des ingérences.

- Publié le 03-12-2025 à 18h55
- Mis à jour le 04-12-2025 à 13h24

En Syrie, tout comme au Liban voisin, Israël tente de réduire la menace extérieure qui pèse son territoire en prenant pour cible les militants des groupes islamistes, comme le Hezbollah. Vendredi dernier, une incursion de l'armée israélienne (soutenue par un raid aérien) dans un village syrien situé à une quarantaine de kilomètres de Damas, au pied du mont Hermon, a tourné au bain de sang. Treize Syriens y ont perdu la vie et six soldats israéliens ont subi des blessures, si graves pour trois d'entre eux que l'un est décédé par la suite. Damas avait qualifié de "crime de guerre" cette opération israélienne, la plus meurtrière de toutes celles menées depuis la chute, le 8 décembre 2024, du régime de Bachar al Assad.
Depuis bientôt un an, l'État hébreu fait tout pour contraindre les nouvelles autorités syriennes à instaurer une zone démilitarisée "au sud de Damas". Une manière pour Israël de sécuriser davantage sa frontière nord-est, là où existe déjà une zone tampon (supervisée par l'Onu), séparant la partie du Golan syrien qu'il occupe (depuis 1967) et a annexée (en 1981) et le reste de ce plateau situé dans le sud-ouest de la Syrie.
Retrait du Golan
Profitant de la transition en Syrie, Israël a déployé ses soldats dans cette zone démilitarisée du plateau du Golan, censée être contrôlée par les Casques bleus. Lors d'une visite sur les lieux dénoncée par Damas, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait souligné le 19 novembre l'" importance immense" que son pays attache à sa présence militaire dans la zone tampon en Syrie.
Dans ce contexte tendu, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté ce mercredi une résolution exigeant qu'Israël se retire du plateau du Golan, jusqu'à la frontière qui existait avant la guerre des Six-Jours de 1967. La résolution, proposée par l'Égypte, qualifie l'occupation israélienne d'" illégale", notamment parce qu'elle est contraire à une série de résolutions antérieures du Conseil de sécurité de l'Onu.
Une "farce", a réagi l'ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, sur le réseau social X. "Au lieu de s'attaquer aux activités des milices en Syrie, elle (cette résolution) exige qu'Israël se retire du plateau du Golan, une ligne de défense vitale qui protège nos citoyens", a-t-il commenté, promettant que son pays "ne quittera pas le plateau du Golan, ni maintenant ni jamais".
Pas d'ingérence
Lundi, trois jours après l'incursion militaire israélienne en Syrie, Donald Trump avait pourtant averti Israël contre toute ingérence en Syrie qui menacerait la transition politique à l'œuvre dans ce pays depuis près d'un an. Le nouveau président syrien, Ahmad al Charaa (qui commandait la coalition islamiste ayant renversé le régime baasiste), s'efforce d'y instaurer un nouvel État, avec le soutien des puissances arabes du Golfe – alliées politiques et partenaires d'affaires du président américain.
"Le nouveau président de la Syrie, Ahmad al Chara travaille de manière assidue pour s'assurer que des bonnes choses arrivent et que la Syrie et Israël aient à l'avenir une relation longue et prospère ensemble", a déclaré lundi Donald Trump dans son message posté sur son réseau Truth Social. Le président des États-Unis a souligné l'importance qu'Israël maintienne "un dialogue fort et véritable avec la Syrie". Il s'agit d'une "opportunité historique" qui, selon lui, "s'ajoute au succès déjà obtenu pour la paix au Moyen-Orient".
Israël et la Syrie, qui sont toujours techniquement en état de guerre depuis des décennies, ont tenu l'été dernier des discussions de haut niveau. Mais l'État juif ne semble toujours pas enclin à renoncer à ses incursions et autres raids aériens, menés par centaines en Syrie depuis un an. À moins que le fiasco de la dernière incursion et les mises en garde de Donald Trump changent la donne.