Entre déclarations et escarmouches, la tension ne baisse pas autour d'Ormuz
L'armée américaine s'est dite prête à reprendre les combats, tout en affirmant ne pas chercher à se battre.


- Publié le 05-05-2026 à 18h58

Le cessez-le-feu "n'est pas rompu", a une fois de plus martelé ce mardi le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth, affirmant que "l'Iran ne contrôle pas le détroit d'Ormuz". Une déclaration qui dissimule mal l'embarras – pour ne pas parler l'impuissance – de Washington car, à l'évidence, les États-Unis ne le contrôlent pas davantage malgré le lancement ce dimanche de l'opération "Project Freedom" qui consiste à escorter des navires commerciaux pour leur permettre de franchir ce goulot maritime sous la menace d'une attaque des forces iraniennes.
Plus de 1 550 navires, avec 22 500 membres d'équipage à leur bord, sont d'ailleurs toujours actuellement bloqués dans le golfe Persique, a déclaré de son côté Dan Caine, le chef d'état-major des armées américaines.
"Nous ne cherchons pas à nous battre. Mais on ne peut pas non plus laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale à des pays innocents", a poursuivi Pete Hegseth lors de cette conférence de presse, alors que les prix du baril de pétrole continuent à faire du yo-yo au gré de déclarations souvent contradictoires. Le même a ainsi promis dans la foulée une réponse "dévastatrice" à Téhéran si des navires commerciaux sont pris pour cible.
L'armée américaine s'est dite prête à reprendre des "opérations majeures de combat" en cas de riposte iranienne à son opération dans le détroit, tandis que les Émirats arabes unis ont indiqué mardi que leurs défenses aériennes interceptaient des missiles et des drones tirés depuis l'Iran pour la deuxième journée consécutive. Le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril dans le conflit au Moyen-Orient paraît donc tenir à un fil de plus en plus ténu.
Des frappes pour faire plier l'Iran ?
Selon une source israélienne citée par CNN, l'État hébreu envisagerait de nouvelles actions coordonnées avec les États-Unis qui pourraient se traduire par une nouvelle série de frappes contre l'Iran. Celles-ci viseraient principalement les infrastructures énergétiques du pays et l'élimination ciblée de hauts responsables iraniens. Toujours selon cette source, "l'intention serait de mener une campagne de courte durée visant à faire pression sur Téhéran pour qu'il fasse de nouvelles concessions dans les négociations".
Mais la décision d'un tel scénario reviendrait in fine à Donald Trump qui, s'il masque mal sa frustration face à l'enlisement de la situation, se retrouve piégé par ses propres déclarations ; lui qui affirmait ce week-end contre toute évidence que la guerre avec l'Iran "était terminée". Mardi, il a d'ailleurs réaffirmé qu'il ne voulait pas intervenir et "tuer des gens".
Le ministère émirati des Affaires étrangères a de son côté dénoncé "une escalade dangereuse", après une attaque de drone sur le site pétrolier de Fujaïrah, l'un des rares accessibles dans la région sans passer par le Golfe, qui a fait trois blessés et provoqué un incendie. Confronté à d'autres condamnations internationales, l'Iran a assuré qu'il n'avait pas le "projet" de frapper les Émirats, imputant la montée de tension à "l'aventurisme militaire américain visant à créer un passage" dans le détroit.
"Nous savons bien que la poursuite de la situation actuelle est intenable pour les États-Unis, alors que nous n'avons même pas encore commencé", a averti sur le réseau X l'influent président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de file de l'équipe iranienne dans les discussions destinées à mettre fin à la guerre.
"La rhétorique de l'Iran et des États-Unis laisse entendre qu'il est probable que la violence s'intensifie avant qu'une solution diplomatique puisse être trouvée", estime pour sa part Kathleen Brooks, directrice de recherche pour le courtier XTB.