Mahmoud Ahmadinejad était le candidat envisagé par les États-Unis et Israël pour le changement de régime en Iran
Selon des responsables américains, une frappe israélienne a visé à libérer l'ancien président, tenant d'une ligne dure et du programme nucléaire iranien, tombé en disgrâce.

- Publié le 21-05-2026 à 18h26

Après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de l'Iran, aux premières heures de l'attaque des États-Unis et d'Israël, le 28 février, le président américain Donald Trump avait glissé qu'il serait préférable que "quelqu'un de l'intérieur" prenne la direction du pays.
Selon le New York Times, Américains et Israéliens auraient sérieusement envisagé de porter au pouvoir l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad. L'annonce a de quoi surprendre, à tout le moins : durant ses deux mandats présidentiels, de 2005 à 2013, Mahmoud Ahmadinejad s'est distingué par ses appels à "rayer Israël de la carte" et ses critiques ferventes à l'encontre des États-Unis. Il a été, aussi, un promoteur du programme nucléaire iranien. Enfin, sous son autorité, toute dissidence interne a été fermement réprimée.
Il a bénéficié du soutien total du clergé chiite au pouvoir et des conservateurs les plus durs du parlement iranien dans un premier temps.
Résidence surveillée
Mais des critiques envers sa politique se sont intensifiées au fur et à mesure, notamment à l'égard de son intransigeance dans le dossier du programme nucléaire iranien. Celui-ci a conduit à des sanctions internationales qui ont contribué à plonger le pays dans une profonde crise économique.
Les menaces proférées à l'encontre d'Israël et sa négation de l'Holocauste, ont achevé d'isoler l'Iran sur la scène internationale.
Ses tentatives d'élargir les compétences du président élu au détriment des membres du clergé ont conduit à une rupture avec Ali Khamenei. Il a été banni des élections présidentielles ultérieures. Il vivait en résidence surveillée au début du conflit, quand sa mort lors d'une frappe aérienne à Téhéran, a été annoncée, erronément.
Un bombardement pour le libérer
Le New York Times, citant des responsables américains et un proche de M. Ahmadinejad, affirme que la frappe – israélienne – visait en réalité à le libérer de son assignation à résidence. Blessé dans la tentative manquée, Mahmoud Ahmadinejad en aurait nourri des doutes quant au projet de changement de régime. On ne l'a pas revu en public depuis lors, et on ignore tout de sa situation.
De même, la manière dont cet improbable homme lige a pu être sondé par les Israéliens et les États-Unis est une énigme. En dépit ses positions passées, l'ancien président iranien aurait noué des contacts avec les Israéliens et les Britanniques, notamment via l'ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Selon le quotidien américain, même certains collaborateurs de Donald Trump jugeaient l'hypothèse peu crédible.