Israël a annoncé jeudi la libération de cinq civils capturés dans le sud du Liban, où il est en guerre avec le Hezbollah pro-iranien: l'un d'eux a déjà été remis à l'armée libanaise, les autres doivent être relâchés vendredi.C'est la première annonce de ce genre depuis le début en avril des négociations entre le Liban et Israël, sous l'égide des Etats-Unis."Il a été décidé de relâcher cinq civils libanais qui avaient été arrêtés dans des zones sous contrôle de l'armée israélienne dans le sud du Liban", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué."
A l'issue de leur interrogatoire, il est apparu qu'il s'agissait de citoyens (...) qui n'avaient pas participé à des activités terroristes", a-t-il ajouté.Cette démarche "ouvre la voie à une reprise des négociations" à Rome, a estimé une source officielle libanaise. Aucune date n'a pour l'instant été fixée.Les autorités israéliennes n'ont pas dévoilé l'identité de ces personnes, ni les circonstances dans lesquelles elles avaient été capturées.L'un des cinq hommes a été transféré via le poste-frontière de Naqoura par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et remis à l'armée libanaise dans la région de Tyr, a indiqué une source militaire à l'AFP.L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a précisé qu'il se nommait Malek Ghazi.
Sa famille, originaire d'Aïn Aata dans le sud-est du Liban, avait annoncé en octobre 2025 avoir perdu tout contact avec lui après qu'il était sorti, selon elle, faire du sport.La libération des quatre autres, "deux Libanais et deux Syriens", a été reportée à vendredi, selon la source libanaise.- Dépouilles de Juifs libanais -Beyrouth avait demandé lors de la dernière session de pourparlers en août à Rome la libération d'un premier groupe de ses ressortissants, enlevés depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024.Un comité de proches de ces Libanais estime leur nombre à plus d'une trentaine.La délégation israélienne avait pour sa part remis au Liban une liste des noms de ceux dont Israël réclame la restitution des restes.Le Premier ministre Nawaf Salam a salué la libération du premier civil libanais et remercié "l'administration américaine", qui parraine les discussions avec Israël.Il s'est engagé à continuer à oeuvrer "jusqu'à la libération de tous nos prisonniers, la révélation du sort des disparus et le retrait total israélien des territoires libanais (...), quelle que soit la difficulté du processus de négociation".
Les Etats-Unis ont salué - par la voix d'un porte-parole du département d'Etat - "le gouvernement d'Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes", et espèrent que cela "servira de base à des discussions élargies sur d'autres questions civiles".Le Liban et Israël ont signé un accord-cadre le 26 juin prévoyant que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, en commençant par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.Selon des estimations, Israël aurait appréhendé des dizaines de personnes au Liban voisin depuis 2024, parmi lesquelles des combattants du Hezbollah, mais aussi des civils. Son armée annonce parfois avoir capturé des combattants du mouvement chiite.Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre.Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà affronté Israël d'octobre 2023 à novembre 2024, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.
Selon le bureau du Premier ministre israélien, l'annonce jeudi "fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban".Douze Juifs libanais, dont le chef de cette communauté, avaient été enlevés entre 1984 et 1986, alors que des groupes clandestins accusés d'être liés au Hezbollah kidnappaient des Occidentaux. La plupart ont été exécutés.Par ailleurs, l'armée israélienne avait annoncé mi-août avoir rapatrié la dépouille d'un soldat tué au Liban en 1982.

