Qui est Monica Witt, cette ancienne militaire américaine devenue une "arme secrète redoutable" pour l'Iran ?
Cette ancienne spécialiste du renseignement de l'US Air Force a disparu en 2013 pour rejoindre l'Iran, emportant avec elle des secrets militaires sensibles.
- Publié le 23-03-2026 à 10h20

Il y a des noms qui continuent de hanter les couloirs du renseignement américain. Et Monica Witt en fait partie. À 46 ans, cette ancienne spécialiste des communications de l'US Air Force a disparu des radars il y a plus de dix ans, mais son ombre plane encore sur Washington.
Aujourd'hui, on ne sait presque rien de sa vie quotidienne en Iran. Certains la disent analyste pour les Gardiens de la révolution, pour d'autres, elle serait une espionne active. Elle se ferait appeler Narges Witt ou Fatemah Zahra, selon plusieurs sources. Ce qui est sûr, c'est que les États-Unis la considèrent toujours comme une menace majeure. Officiellement inculpée en 2019, elle reste aujourd'hui activement recherchée pour espionnage : "Monica Witt est recherchée pour son implication présumée dans des activités criminelles, notamment pour espionnage et complot en vue d'espionnage", indique le mandat d'arrêt du FBI.

"Sa capacité à nuire aux États‑Unis est de sept ou huit sur dix"
Avant sa disparition, Monica Witt avait accès à des informations classées "top secret" : identités d'informateurs, protocoles d'interception de communications étrangères… Pour Douglas Wise, ancien directeur de l'agence de renseignement militaire américaine (DIA) : "Sur une échelle d'un à dix, j'estimerais sa capacité à nuire aux États-Unis à sept ou huit." Certains analystes évoquent même une "arme secrète redoutable" désormais aux mains de l'Iran.
Et pour cause, son parcours militaire est celui d'une élite. Née au Texas en 1979, elle s'est engagée dans l'US Air Force en 1997. Monica Witt a été décorée pour ses services et déployée à plusieurs reprises au Moyen-Orient. Polyglotte et experte en communications, elle possède également une connaissance approfondie de la culture iranienne et de l'islam.
Après avoir quitté l'armée en 2008, Monica Witt continue d'approfondir ses connaissances sur le Moyen-Orient et travaille pour des sous-traitants du Pentagone. Mais certains de ses camarades remarquent une radicalisation de ses critiques envers la politique étrangère américaine. L'un d'eux confie au New York Times qu'elle évoquait des crimes de guerre présumés. Cory Ellis témoigne également à The Times : "Elle a eu des troubles du sommeil et a affirmé que certains événements vécus la tourmentaient sans relâche."
Une conférence qui change tout
En 2012, elle assiste à une conférence à Téhéran, organisée par un organisme lié aux Gardiens de la révolution. Là-bas, elle serait entrée en contact avec des agents iraniens et, quelques mois plus tard, elle disparaît des radars américains.
Depuis sa fuite, les autorités américaines soupçonnent Monica Witt d'avoir mis ses compétences au service du régime iranien. Elle aurait notamment contribué à analyser les opérations militaires américaines.
Plus troublant encore, elle est suspectée d'avoir participé à l'interrogatoire de marins américains capturés par l'Iran en 2016. Selon l'acte d'accusation, elle aurait bénéficié d'un appartement et de matériel fourni par le gouvernement iranien.
Aujourd'hui, de nombreuses zones d'ombre subsistent. Se fait-elle appeler Narges Witt ou Fatemah Zahra ? Est-elle devenue analyste, consultante ou agent actif du renseignement iranien ? Une certitude demeure : malgré les années, Monica Witt reste l'une des fugitives les plus recherchées par le FBI.