Nos bons plans pour découvrir la Wallonie: cap sur le Luxembourg

La Wallonie regorge de pépites que ce soit pour la culture, la nature ou la gastronomie… Prêts à vibrer? On vous emmène en province de Luxembourg!

Eric Verschueren

VUE Le Tombeau du géant : la vue qui coupe le souffle

Emblématique, le site est classé "Patrimoine exceptionnel de Wallonie" et "Patrimoine naturel d'intérêt paysager". Rendez-vous au Tombeau du Géant.

Le Rocher du Hat à Chiny, le coup d'œil incroyable sur Frahan depuis Rochehaut, le Jambon (entre Membre et Bohan), le Mergyre à Cugnon… La vallée de la Semois fourmille de belles choses aériennes, d'escalades pédestres qui, une fois en haut, vous permettent d'avoir vue sur des horizons de toute beauté. Le Tombeau du Géant, à Botassart, fait partie de ce "Grand Chelem" touristique. L'endroit est d'ailleurs doublement primé puisqu'il est classé à la fois "Patrimoine exceptionnel de Wallonie" et "Patrimoine naturel d'intérêt paysager".

Un peu dans le même registre que la Boucle de l'Ourthe du côté d'Hony-Fêchereux (province de Liège), nous avons une rivière, ici la Semois, qui forme une espèce d'oméga enfermant une surface de terre attirant l'œil. Du côté de Botassart, une belle prairie jouxte un rectangle boisé que des imaginations lyriques ont baptisé le "Tombeau du Géant", tout en y adossant une légende. Celle-ci parle d'un héroïque géant gaulois qui, plutôt que d'être fait prisonnier et être transformé en gladiateur destiné à la mort dans les arènes du Colisée romain, préféra se jeter dans le vide au "Rocher des Gattes". Sa dépouille fut enterrée par un vieillard et des adolescents sur cette colline, d'où le nom qui nous occupe ici.

L'endroit, attraction du Parc naturel de l'Ardenne méridionale, est évidemment une très belle terre d'accueil pour les randonneurs. S'ils ont le mollet robuste, on leur conseillera une virée de 14 kilomètres au départ de Bouillon (rue de la Poulie). Un balisage (rectangles rouges) les emmènera dans des superbes lieux tels les Moulins de l'Épine ou du Rivage. Toujours au menu: des crêtes, des points de vue, le Belvédère final avec vue plongeante sur Bouillon et son château… Et bien sûr, le point de vue de Botassart avec, pensez-y, le Syndicat d'initiative du Tombeau du géant tout proche. À cet endroit, vous trouverez d'ailleurs tous les renseignements sur le point de vue, ainsi que sur d'autres promenades, souvent plus faciles que la précitée, ayant sur leur parcours un arrêt pour contempler ce qui est l'un des plus beaux panoramas de Belgique.

OUÏE Écouter le brame du cerf : où, quand, comment ?

Parmi les multiples spectacles offerts par la nature, surtout au niveau visuel et sonore, on retrouve le brame du cerf.

Nos bons plans pour découvrir la Wallonie: cap sur le Luxembourg
©wojciech nowak - stock.adobe.com

Ce "bruit", que certains ont quantifié en le mesurant à 40 fois le beuglement d'une vache tant il est puissant, est en fait un "cri d'amour" poussé par le cerf en rut. Il témoigne de son désir d'accouplement et appelle les candidates à le rejoindre.

Cette période de rut s'étale généralement du 15 septembre au 15 octobre, soit au début de l'automne. Plus l'été a été chaud, plus vite il commencera. C'est en tout cas à cette période que l'on voit surgir sur les réseaux de belles photos, qui sont rarement accompagnées d'une géolocalisation. Les "spots" du brame ont en effet tendance à être tus, comme les "spots" à champignons ou à myrtilles.

Nous ne trahirons donc aucun "secret" dans ces quelques lignes. Par contre, renseignez-vous pour ce qui est des sorties encadrées organisées par des amis de la forêt et autres offices de tourisme. Pour quelques euros, un spécialiste vous emmènera au plus près des animaux, dans de très bonnes conditions d'écoute, de vision… et de sécurité. Le tout avec des explications éclairantes et, parfois même, un petit verre de remontant, voire carrément un repas comme au parc à Gibier de La Roche par exemple. Sur le site internet de la maison du tourisme Cœur de l'Ardenne, au Fil de l'Ourthe & de l'Aisne, vous trouverez ainsi déjà des dates et des lieux pour la prochaine saison.

Maintenant, que vous choisissiez ce genre de formule ou que vous préfériez le mode "Do it yourself", un seul mot doit s'imposer à vous: le respect. Respect de la nature, de ces animaux et de cette période particulière de leur cycle naturel. Cela implique la discrétion au niveau du bruit (ce n'est pas une rave party), de l'odeur (évitez les parfums et les odeurs de tabac) et du visuel (tenue discrète, pas de flash de vos appareils photographiques).

Enfin, sachez que les meilleures heures pour l'observation, là où vous aurez le plus de chances de ne pas rentrer bredouille, se situent au lever et au tomber du jour.

ODORAT La Tharée, une bière avec des aiguilles de pin

Depuis 2016, la petite micro-brasserie de Provedroux a bien grandi. Elle produit aujourd'hui 120 000 litres par an.

Nos bons plans pour découvrir la Wallonie: cap sur le Luxembourg
©

En 2016, au détour d'un trail et d'une soirée, l'idée a commencé à germer dans la tête de quelques amis de la région de Vielsalm: pourquoi ne pas lancer leur propre bière ?

Aussitôt dit, aussitôt fait ! L'idée, "un délire…", conduit vite à un projet plus sérieux. "Nous sommes allés à la rencontre de Pierre Gobron, un ami qui est derrière la bière Lupulus", nous confie Laurent Léonard, qui est aujourd'hui à la tête de ce qui nous occupe ici avec Florentin Gooris. "Nous voulions une bière bio triple, rafraîchissante, avec un ingrédient forestier. Très vite, nous nous sommes arrêtés sur les aiguilles du sapin Douglas, que l'on trouve en grande quantité par chez nous…"

C'était parti. Bien parti, puisqu'aujourd'hui, le cap est gardé et huit bières (et la Thar'gnole, une liqueur, avec le même ingrédient) sont désormais produites pour un total de 120 000 litres chaque année. "Cinq d'entre elles sont toujours brassées chez Lupulus, car les quantités demandées sont importantes et nous brassons plus modestement trois autres chez nous, à Provedroux", reprend notre interlocuteur. "Pour la cueillette, nous allons nous-mêmes en forêt, avec l'aide de nos familles, à la bonne période, c'est-à-dire début juin. Un beau moment…"

Le réseau de distribution de la Tharée est assez classique pour ce genre de produit. Les magasins bio, la petite et la moyenne distribution, un petit peu l'horeca et l'un ou l'autre marché local. Le tout pouvant s'appuyer sur un solide bouche-à-oreille fonctionnant surtout dans le monde du sport. Ainsi, le trail de la Tharée, qui existe depuis 2013 et a encore accueilli plus de 1 000 coureurs cette année, voit des casiers et des casiers partir à vive allure durant son "after". "Et puis, quasi chaque samedi, nous accueillons les touristes pour une visite suivie d'une dégustation, nous partons aussi randonner ou courir avec des groupes pour revenir plus tard à la brasserie pour un petit réconfort", conclut Laurent Léonard.

GOÛT Les pans méconnus de la bière d'Orval

Quand on est (un peu) coutumier du "monde Orval", on sait deux-trois choses sur cette bière d'abbaye si typique… Mais elle cache d'autres secrets.

Nos bons plans pour découvrir la Wallonie: cap sur le Luxembourg
©Foto: DANIEL ELKE

Orval : une région, une abbaye, une bière. Avec ses 94 ans, celle-ci est la plus "jeune" des cinq trappistes belges de base, aux côtés de Chimay, Westvleteren, Rochefort et Westmalle. Fermentation haute, levures sauvages, 6,2 degrés, bouteilles de 33 cc, garde à la cave en position verticale… sont les choses que l'on connaît si on est un peu coutumier du "monde Orval".

En voici d'autres, pêchées ci et là, au gré des analyses et des publications sur les réseaux, dans des groupes de passionnés sur lesquels on ne manque pas de tomber en "surfant", ou encore en parcourant les multiples articles de presse qui lui sont consacrés…

– Dites "un" Orval, plutôt que "une". Si vous vous promenez en Gaume et que vous demandez "une Orval", vous serez vite catalogués comme non gaumais et pourriez vous entendre dire: "On n'en a plus…"

–96% de la vente de la bière est destinée au Benelux.

– La truite sur l'étiquette vient d'une légende trop longue à conter par le menu ici. Il y est question d'une comtesse d'origine italienne ayant existé (Mathilde de Toscane), qui perdit son alliance en se lavant les mains dans une fontaine et qui la retrouva dans la gueule d'une truite. "Heureuse vallée qui me l'a rendue ! Désormais et pour toujours, je voudrais qu'on l'appelle Val d'or", indiqua-t-elle (d'où le masculin pour Orval, soit dit en passant). Très catholique, elle est une des trois seules femmes dont le corps repose dans la basilique Saint-Pierre, à Rome.

– Suivant le millésime (voir la date d'embouteillage), le goût de l'Orval peut varier. Un Orval jeune (moins de deux ans) se boit frais. Vieux il se boit tempéré. Il a une bonne garde (les brasseurs parlent de 5 ans, car après ils ne maîtrisent pas le produit). Mais on a déjà entendu parler de bière d'excellente qualité gustative de 20 ans d'âge.

– 250 ambassadeurs officiels (du monde de l'horeca) figurent sur une liste. Ils connaissent tout de l'histoire de leur bière préférée. La bonne façon de servir, la température idéale suivant l'âge…

TOUCHER La ferme de la Planche : se balader pieds nus

Et si on s'offrait l'occasion de retrouver des sensations oubliées en marchant pieds nus en pleine nature ?

Nos bons plans pour découvrir la Wallonie: cap sur le Luxembourg
©

Voici une activité qui va mettre à contribution les quelque 7 000 terminaisons nerveuses de vos pieds: la balade des sentiers pieds nus de la ferme de la Planche, à Montleban, près de Gouvy. 3 500 mètres à travers de superbes paysages, sans chaussures, à la recherche de sensations souvent oubliées, qui vous remettent en connexion avec la terre. Tout cela au cœur du Parc naturel des deux Ourthes et au pays des Massotais de Gouvy.

Du sable, de l'eau, des pierres, des rondins, de la paille, de la boue, de la mousse, des copeaux de bois…: autant de stimuli différents que les enfants découvriront sans doute et qui ramèneront clairement leurs parents en arrière, vers des périodes plus insouciantes, où le déroulé d'une journée de vacances se passait dehors, dans la nature, loin de tout écran."Comme l'endroit est toujours une ferme, les promeneurs croiseront sur leur route différents animaux comme des vaches, des chevaux, mais aussi des ânes et des alpagas", explique José Thiry, qui avait lancé le projet en 2013, avec son épouse Marie-Christine Richir, aujourd'hui décédée. "À la base, et c'est toujours le cas maintenant, l'idée était aussi que les gens partagent notre façon de voir, en profitant du calme, de la nature protégée, des fleurs…"

Reprise dans le cadre du développement durable, la ferme de la Planche propose également à ses visiteurs une plaine de jeux et des endroits de pique-nique dans la cour de la ferme. Elle ouvrira cette année fin avril et on pourra s'y rendre jusqu'à fin septembre (sans réservation en juillet et en août, ainsi que lors des jours fériés). Des nouveautés sont annoncées par rapport aux années précédentes. Pour tout renseignement: www.sentierpiedsnus.be.

D'autres sentiers "pieds nus" existent au Luxembourg, donc pas trop loin: ceux de Medernach-Kengert et de Dudelange. Mais ils sont beaucoup plus courts que celui de Montleban (respectivement 750 et 550 mètres). On peut en trouver un autre dans le Limbourg, à Lieteberg, pas loin de Lanaken. Il est un peu plus long que les deux précités avec 2 000 mètres de progression.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...